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Les femmes et les « sports » du gentilhomme de l’époque médiévale à l’époque moderne

Serge Vaucelle

Serge Vaucelle, Les femmes et les « sports » du gentilhomme de l’époque médiévale à l’époque moderne, dans Clio, n° 23, année 2006/1, pp. 145-163.

Extrait de l’article

Avec l’essor de la langue romane aux abords du XIIe siècle, le nouveau style littéraire du roman médiéval accorde une place importante au thème de l’éducation aristocratique. Comme cela apparaît dès les origines des récits vernaculaires – chez Chrétien de Troyes en particulier, vers les années 1180, dans ces romans arthuriens qui puisent leur source dans la vieille matière de Bretagne – c’est au travers d’aventures chevaleresques répétées que le jeune apprenti est guidé pour sa formation corporelle. Ces étapes conduisent le chevalier sur la voie d’une initiation. Les juvenes – jeunes hommes de l’aristocratie – se forment alors en vue de leur adoubement. Cheminant sans repos, traversant des épisodes hasardeux dont ils sortent à chaque fois victorieux, ils ne tardent pas à atteindre une forme de reconnaissance sociale. À la suite de Perceval, Gauvain, Lancelot ou encore Érec, les jeunes héros obtiennent enfin leur place à la Table Ronde, aux côtés des plus anciens chefs de famille (...)

Ces jeux déclinés de l’équitation et de l’escrime, ces jeux que Jean-Michel Mehl qualifie de « sportifs " – comparés aux « jeux de hasard » et aux « jeux de réflexion » qui tolèrent d’avantage la présence féminine – ces jeux, donc, demeurent en effet exclusivement masculins. La vérité d’une époque semble pourtant différente de ce que
la fiction de la littérature romane aborde dans ses récits. Fonctionnant en miroir d’une réalité, le roman rend compte d’une mentalité qui évacue la présence féminine de la description des activités physiques et ludiques. Parfois, ces oeuvres littéraires se positionnent en contradiction avec cette même réalité, dans la mesure où elles laissent échapper des évocations qui sont visiblement plus favorables aux femmes.

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