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Philippe Auguste. Un roi de la fin des temps ?

Jerzy Pysiak

Jerzy Pysiak, "Philippe Auguste. Un roi de la fin des temps ?", dans Annales, 57e année, 2002/5.

Extrait de l’article

L’image du roi Philippe Auguste (1180-1223) paraît bien établie dans l’historiographie : c’est un souverain habile, parfois cynique, qui avait le goût du pouvoir ; un roi-guerrier, conquérant, très expert dans l’art de l’intrigue, semant la discorde parmi ses adversaires. Pour certains, seules ses capacités militaires lui ont permis de soumettre les grands vassaux à l’autorité royale et de triompher des Plantagenêts ; d’autres insistent sur la réforme de l’administration et de la fiscalité capétiennes comme facteurs du succès de son règne. En effet, c’est l’homme politique réaliste qui l’emporte dans le portrait de Philippe Auguste, souvent jugé comme un roi soucieux de la seule efficacité de son gouvernement, peu sensible aux défis idéologiques de son temps, non plus qu’à cet instrument de la propagande monarchique que devient alors l’historiographie. D’autres approches, en dépit de leur intérêt, ne parvinrent pas à modifier cette image. Par rapport à son père, Louis VII, ou à son petit-fils, Saint Louis, Philippe Auguste apparaît comme un roi très laïque, dont la politique ne ressortirait que de prémisses rationalistes. Comparable à un chef d’État contemporain, Philippe Auguste se serait contenté d’une domination politique et militaire dans son royaume et en Occident, fondée sur une machine gouvernementale efficace. Or, la royauté capétienne, ancrée dans le sacré, a initié ce qu’on appelle « la religion royale ». Philippe Auguste aurait-il été insensible à tout ce qu’offrait une royauté sacrée ?

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