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Félibien dialoguiste : les Entretiens sur les vies des peintres

Ugo Dionne

Ugo Dionne, "Félibien dialoguiste : les Entretiens sur les vies des peintres", dans Dix-septième siècle, n° 210, 2001/1.

Extrait de l’article

Le second XVIIe siècle, dans le mouvement qui l’amène à rejeter lourdeur et pédanterie au nom d’une désormais sacro-sainte honnêteté, s’écarte du discours savant pour s’attacher à des formes plus fraîches, plus spontanées (apparemment) : l’entretien devient un genre privilégié, au confluent du dialogue platonicien, du « colloque » humaniste et de la conversation mondaine. C’est ainsi que « dialogues », « entretiens » et « conversations » (flou terminologique que le classicisme n’a pas cru bon de liquider) suivent une « courbe de progression à peu près parallèle dont le sommet se situe autour des années 1680-1690 ». Cette augmentation se double d’une diversification : d’abord essentiellement philosophique, puis investi par les théoriciens et les historiens de la littérature, le dialogue est bientôt emprunté par tous les domaines du savoir ; l’application du genre à l’histoire de l’art et à la critique picturale, qui nous retiendra ici, s’inscrit dans cet élargissement général de la palette dialogique. (...)

Le dialogue que nous interrogerons ici (et qui interrogera en retour les quelques réflexes et intuitions que nous avons la faiblesse d’affubler du beau nom de méthode) est l’œuvre d’André Félibien, historiographe des bâtiments du Roi, secrétaire de l’Académie d’Architecture, et polygraphe réputé. Ses dix Entretiens sur les Vies et les Ouvrages des plus excellents Peintres anciens et modernes, publiés de 1666 à 1688, se présentent comme la relation, à la première personne, des conversations sur la peinture que poursuivent un connaisseur anonyme, auquel échoit la narration, et son interlocuteur et ami, nommé Pymandre.

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