Accueil / Art et culture / Littérature et philosophie / Etudes modernes / Le Livre des commentaires Cesar sur le fait (...)

Le Livre des commentaires Cesar sur le fait des batailles de Gaule par Robert Gaguin (1485)

Frédéric Duval

Frédéric Duval, "Le Livre des commentaires Cesar sur le fait des batailles de Gaule par Robert Gaguin (1485)", dans Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, année 2006, numéro 13, pp. 167-182.

Extrait de l’article

Ce n’est pas tant la figure de César que la réception française du De bello Gallico à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle qui nous retiendra. La France a joué un rôle considérable dans la tradition manuscrite des Commentaires puisque l’on en conserve encore aujourd’hui trois manuscrits copiés au IXe siècle dans le royaume. Ce texte occupait déjà une place à part dans l’historiographie française. Les exploits de César rapportés par Suétone et surtout par Lucain, dont la Pharsale était étudiée et admirée dans les écoles, façonna progressivement l’image de celui que l’on considéra longtemps comme le premier empereur romain. L’écriture vernaculaire s’empara bientôt de César. La Guerre des Gaules fut une première fois adaptée en français et insérée dans Les faits des Romains (1213-1214). Cette compilation anonyme du début du XIIIe siècle fut à l’origine de la fortune exceptionnelle du personnage de César dans les milieux aristocratiques durant tout le Moyen Âge. À partir du milieu du XVe siècle pourtant, on assiste dans certains milieux de laïcs amateurs d’histoire romaine à une demande de textes français plus précis et fidèles à leurs sources. C’est sans surprise au sein du duché de Bourgogne et à l’attention de Charles le Téméraire que paraît une nouvelle « traduction » des Commentaires réalisée en 1473 par Jean Duchesne. Les Belges, ancêtres des Bourguignons, y sont exaltés et la Belgique antique n’est que « la projection dans le passé du royaume que les ducs voulaient créer à leur profit ». Malgré une tentative d’expurger le texte de toutes les flatteries à l’égard de la Bourgogne et de son duc, la version de Duchesne, trop malveillante à l’égard des Français, ne parvint pas à percer dans le royaume. En 1485, Robert Gaguin, qui connaissait la traduction de Duchesne, offrit au jeune roi Charles VIII une nouvelle version française appelée à une diffusion considérable, grâce au relais de l’imprimerie.

Lire la suite (revues.org)