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Jeanne d’Arc, dux, chef de guerre

Françoise Michaud-Fréjaville

Françoise Michaud-Fréjaville, "Jeanne d’Arc, dux, chef de guerre", dans Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, année 2005, numéro 12, pp. 189-197.

Extrait de l’article

Dès l’été de 1429, beaucoup de ses contemporains considérèrent Jeanne d’Arc comme un chef de guerre, une « chevetaine ». Charles VII et l’armée royale avaient une femme inspirée parmi les chefs militaires. Et c’était merveille. Évidemment, le Bourgeois de Paris ne l’entendait pas ainsi : à ses yeux la jeune fille passait, en ce même été, pour la Pucelle armée des Armagnacs, une « créature qui était en forme de femme […] qu’on nommait la Pucelle, qui c’était, Dieu le sait ».

Notre propos n’est pas de discuter de la nature réelle de l’autorité que Jeanne avait sur les seigneurs et capitaines qui l’entouraient, pas plus que sur ses talents militaires, son génie de la tactique et de la stratégie. Une abondante littérature s’est attachée, en particulier, à mettre en avant une valeur militaire exceptionnelle de la Pucelle. Ces travaux sont assez souvent très marqués par leur contexte historique, c’est-à-dire les années qui suivirent les défaites de 1870 et de 1940, et par les convictions politiques et confessionnelles de leurs auteurs. La question soulève de toute façon des passions et provoque les spécialistes de l’histoire militaire. En contrepoint des dithyrambes, les détracteurs de l’action de Jeanne, qui parfois rejoignent curieusement les zélateurs de son seul aspect spirituel et pacifiste, la rejettent au rang d’un simple porte-bonheur ou en font le jouet innocent, inconscient, voire pervers, d’un infâme entourage royal.

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