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Clientèles nobiliaires et pouvoir royal. Les Estouteville, de l’occupation anglaise à la Ligue du Bien Public (vers 1415-vers 1465)

Christophe Piel

Christophe Piel, "Clientèles nobiliaires et pouvoir royal. Les Estouteville, de l’occupation anglaise à la Ligue du Bien Public (vers 1415-vers 1465)", dans Hypothèses, année 1998, numéro 1, pp. 137-144.

Extrait de l’article

Si les clientèles sont constamment invoquées dans l’explication des fondements du pouvoir des groupes dominants au Moyen Âge, les historiens peinent à s’accorder sur une définition rigoureuse de cette notion, et notamment parce que beaucoup s’enferment dans une logique exclusivement fonctionaliste qui occulte la question pourtant essentielle de la structure de la clientèle. À travers un exemple précis, celui d’un lignage de la grande noblesse normande, les Estouteville, originaires du Pays de Caux, nous envisageons de préciser ce que l’on peut entendre par « clientèle » à la fin du Moyen Âge, et en quoi on dispose là d’un concept incontournable pour appréhender le fonctionnement politique de ce temps. Quel rôle a joué l’existence de tels liens d’interdépendance pour la perpétuation du pouvoir de la noblesse face à l’émergence de l’État moderne ? Les clientèles ont-elles représenté un obstacle à la construction de ce dernier, ou, au contraire, un adjuvant essentiel à son affermissement ? L’enquête a porté sur une période relativement courte - de 1415 à 1465 -, ceci afin de saisir avec précision certains phénomènes du fonctionnement clientélaire. Il se trouve aussi que ces quelque cinquante années qui séparent la déroute de la monarchie française à Azincourt de la Ligue du Bien Public, présentent deux versants bien marqués, qui permettent d’appréhender le phénomène clientélaire dans un contexte de crise, puis de retour à une certaine stabilité, qui voit la réassurance de l’autorité royale.

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