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Le Cadre noir

Pierre Durand

Pierre Durand, "Le Cadre noir", dans Revue historique des armées, année 2007, numéro 249, pp. 6-15.

Résumé de l’article

Le domaine de l’École situé sur les landes de Terrefort et de Verrie s’étend sur trois cents hectares. Deux cents personnes, dont dix militaires, et quatre cents chevaux l’animent. Le budget de l’établissement s’élève à 10 millions d’euros. Ambassadeur de l’équitation de sensibilité française, le Cadre Noir présente partout en France et à l’étranger ses galas et ses couples engagés dans les épreuves hippiques de haut niveau. Ainsi Saumur peut-elle rivaliser utilement avec d’autres foyers d’art équestre comme Vienne, Jerez et Lisbonne. Ces académies affirment leur particularisme en exprimant la culture de leur patrie. Saumur trouve le sien dans son héritage militaire fait d’efficacité empreinte de la plus sobre élégance.

Les glorieuses campagnes de la Révolution et de l’Empire, dispendieuses dans tous les domaines, mirent en évidence l’insuffisance de l’élevage équin français, aggravée par les maladies contagieuses, la morve notamment, et la mauvaise qualité de l’équitation militaire. C’est pourquoi, après les expériences malheureuses de Versailles et de Saint-Germain, fut décidée la création d’un établissement où des écuyers civils enseigneraient aux cadres de la cavalerie une pratique rationnelle à diffuser jusqu’aux plus bas échelons de l’ordre de bataille. Ainsi fut ouverte sous Louis XVIII l’École d’instruction des troupes à cheval. Éphémère puisqu’elle ne survécut pas aux Cent Jours, elle fut reconstituée en 1816 sous le nom d’École royale de cavalerie. Mais elle subit une nouvelle éclipse en 1822 par suite de la conspiration bonapartiste du général Berton à laquelle avait participé quelques-uns de ses cadres. C’est en 1825 que l’école fut instituée à Saumur, définitivement puisqu’elle y est restée jusqu’à nos jours, mis à part les périodes de guerre. L’instruction équestre y fut dispensée par un corps de formateurs qui deviendrait un jour le Cadre noir.

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