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Écriture parodique et réflexion politique dans trois contes exotiques du XVIIIe siècle

Dominique Hölzle

Dominique Hölzle, "Écriture parodique et réflexion politique dans trois contes exotiques du XVIIIe siècle", dans Fééries, année 2006, numéro 3, pp. 87-103, mis en ligne le 13 février 2007.

Résumé de l’article

La question politique est au cœur des trois contes parodiques que sont Tanzaï et Néadarné (1734), de Crébillon, Angola (1746), de La Morlière et Kanor (1750), de Mme de Fagnan. En accord avec le modèle légué par Crébillon dans Tanzaï, La Morlière et Mme de Fagnan ont recours à l’allégorie pour commenter subversivement l’actualité de leur temps, et pour dénoncer les abus du pouvoir royal. Mais c’est surtout le caractère factice de ce pouvoir que soulignent avec une réelle verve polémique les conteurs. Ils peignent un univers dans lequel aucun des personnages, fût-il royal, ne parvient à affirmer sa liberté. Tous les humains sont prisonniers des rituels de la mondanité, dont les fées sont les ordonnatrices, et les conditionnements sociaux paraissent autrement plus aliénants que l’autoritarisme monarchique. La critique radicale de la société de l’Ancien Régime ne s’accompagne cependant pas de l’élaboration d’un modèle démocratique : le peuple, présent à des degrés divers dans les trois textes, y est toujours présenté négativement, force obscurantiste qu’il s’agit de contenir.

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