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Représentations du prince dans la fable animale (milieu du XIIIe siècle-fin du XVe siècle) : de l’éloge à la satire.

Jenny Brun

Jenny Brun, Représentations du prince dans la fable animale (milieu du XIIIe siècle-fin du XVe siècle) : de l’éloge à la satire, thèse d’histoire, novembre 2008, université Laval, Canada.

Résumé

La fin du Moyen Âge français marque chez les intellectuels une volonté de définir
le pouvoir princier : les Miroirs des princes et les traités de bon gouvernement en
témoignent. Les qualités du bon prince, les limites de son pouvoir mais aussi l’exaltation
de sa fonction, garantie de l ’harmonie du corps social et de la bonne marche de l’État en
construction, ont nourri les préoccupations tant des philosophes que des juristes qui nous
ont laissés, à cet égard, de nombreux témoignages. Mais outre cette littérature dite
savante issue des cabinets royaux et des cours ducales et comtales, quelle image la fiction
offre-t-elle du pouvoir ? Les allégories moralisantes tout comme les contes permettaient
certes de donner une vision du pouvoir dans laquelle le didactisme primait. Si le mode
fictionnel ouvrait de nombreuses avenues aux intellectuels, un type de littérature nous
intéresse plus particulièrement : la fable animale. Les auteurs des XIIIe, XIVe et XVIe
siècles pouvaient-ils, par le truchement de la littérature animalière, interpeller le prince, le
soutenir comme le critiquer ? De même, nous pouvons nous interroger sur l’impact des
événements politiques marquants sur la représentation du pouvoir. Il appert que les
auteurs ont été influencés par les aléas de la guerre de Cent Ans, le Grand Schisme
d’Occident et de manière plus diffuse, mais tout aussi présente, par la crise de la
féodalité, déjà perceptible au milieu du XIIIe siècle. L’ intérêt et l’apport de la fable
animalière dans la compréhension de l ’histoire politique de la fin du Moyen Âge
« français » ne font pour nous aucun doute. L’emploi de l’animal pour traiter de la société
des hommes n’est ni fortuit, ni arbitraire, il répond en effet à des besoins précis, se
module en fonction du contexte et permet souvent d’émettre des opinions difficilement
acceptables dans une forme moins imagée.

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