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Les entrées royales. Outils politiques pour un modèle participatif : le point de vue des municipalités dans les villes du Centre-Ouest (XIVe-XVIe siècles)

David Rivaud

Rivaud, David,
Les entrées royales. Outils politiques pour un modèle participatif : le point de vue des municipalités dans les villes du Centre-Ouest (XIVe-XVIe siècles).
Session de la table ronde "Les entrées royales. Légitimation implicite et fabrique du consentement", 23 septembre 2008, Centre d’Études Supérieures de la Renaissance, Tours. Conférence enregistrée par Canalc2. URL : http://canalc2.u-strasbg.fr/video.asp?idvideo=8159

Présentation

Session de la table ronde "Les entrées royales. Légitimation implicite et fabrique du consentement" organisée dans le cadre du séminaire de recherche "Vecteurs de l’idéel", sous la direction de F. Alazard.

Cette table ronde a pour projet de répondre, par l’analyse d’un objet bien précis et bien circonscrit (l’entrée royale), à une question posée dans le cadre d’un projet de recherche plus général, porté par Jean-Philippe Genet et Patrick Boucheron (Université Paris-I) et intitulé Les vecteurs de l’idéel, qui vise à comprendre comment, entre Moyen-Âge et Renaissance, s’affirme le pouvoir symbolique des États, c’est-à-dire comprendre comment ces derniers mettent en place un système communicationnel reposant sur des vecteurs très nombreux et variés (musique, peinture, sculpture, architecture, urbanisme, textes, etc.) en vue de légitimer les rapports sociaux.

Une telle approche oblige à penser les représentations (que sont par exemple les images, les discours) non pas comme le résultat de ces rapports sociaux, mais comme un moyen de les fabriquer. Depuis plus d’un demi siècle, les entrées ont été l’objet d’études presque systématiques de la part des historiens de la Renaissance et elles le sont toujours aujourd’hui. On sait donc qu’elles contribuent à ritualiser davantage entre Moyen Âge et Renaissance la vie des États ; qu’elles soulignent l’unité du territoire sur lequel s’exerce l’autorité du prince ; qu’elles participent à la propagande royale.

La table ronde, premier jalon de plusieurs rencontres qui se succèderont jusqu’en 2011 pour répondre aux problèmes posés par la naissance des pouvoirs symboliques, s’inscrira bien sûr dans ces perspectives déjà définies, mais elle cherchera surtout à montrer comment l’entrée s’intègre au système communicationnel sur lequel repose le pouvoir symbolique des États. Trois axes seront privilégiés, mais n’empêcheront pas l’émergence d’autres manières d’aborder la question :
1) On réfléchira au lien qui unit le récit de l’événement (le livret) à l’événement lui-même et on interrogera le premier sur sa capacité à créer un consensus autour de l’entrée d’abord, puis autour du pouvoir.
2) On travaillera sur la place de l’architecture dans ces entrées : souvent décrites dans les livrets, les constructions architecturales donnent lieu à des digressions esthétiques dans lesquelles se loge la légitimation implicite des pouvoirs.
3) On cherchera la façon dont les entrées fabriquent le consentement et l’adhésion de ses spectateurs comme de ses lecteurs. À ce titre, les échecs des entrées (qu’il s’agisse de défaillances techniques ou d’incapacité avérée à être efficace) permettront l’analyse de ce qui, dans une entrée, produit de l’effet. Et l’attention portée aux négociations auxquelles l’entrée donne lieu entre les différents acteurs (corps de ville, etc.) et la personne royale ou princière obligera à penser l’entrée comme un moyen de reconnaître les bienfaits et la nécessité du pouvoir.

Renseignements : florence.alazard chez univ-tours.fr

Voir l’enregistrement de l’intervention (Canalc2)