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Autour de l’« affaire Chastel » (27 décembre 1594) : le Discours de l’amour du père (d’Etienne Pasquier ?)

Trevor Peach

Trevor Peach, "Autour de l’« affaire Chastel » (27 décembre 1594) : le Discours de l’amour du père (d’Etienne Pasquier ?)", dans Bulletin de l’Association d’études sur l’humanisme, la réforme et la renaissance, année 1995, volume 40, numéro 40, pp. 37-51.

Extrait de l’article

... il s’est trouvé en ces malheureux jours un enfant, engendré en la ville de Paris (capitale du Royaume de France) lequel ayant pris institution des lettres et des mœurs, avec ces pères, qui se nomment de la société du nom de Jésus, a mis en hazard la vie du père commun de tous les François, par le tres-cruel et abominable parricide attenté sur la personne de leur Roy ...

Ces quelques lignes du Discours de l’amour du père de 1595 font allusion à un des premiers attentats sur la vie d’Henri IV, celui, exécuté le 27 décembre 1594, de Jean Chastel. Comme tant d’autres événements de cette époque malheureuse, cet attentat fut attribué à l’influence insidieuse des Jésuites. Bien que le Discours, on le verra, nous retienne pour d’autres raisons, il est intéressant, aux approches du quatrième centenaire de ce régicide manqué, de jeter un coup d’œil préliminaire sur un événement qui entraîna de sérieuses répercussions et fut la cause d’une vive polémique, source même du Discours.

Jean Chastel (ou Châtel), fils d’un marchand drapier, Pierre Chastel, établi devant le palais du Louvre, avait environ dix-neuf ans au moment de son attentat sur la vie du roi. Il était l’élève des Jésuites installés à Paris depuis 1561 au Collège de Clermont, dans la rue Saint-Jacques. L’établissement de la Société de Jésus en France, tant voulu par son fondateur, avait déjà provoqué, on le sait, de violents débats dans les années 1550 et surtout en 1564, l’année où les Jésuites présentèrent au parlement de Paris, après avoir sollicité sans succès l’Université elle-même, la requête de les reconnaître comme enseignants agréés.

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