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La parole et la composition de l’Astrée

Bernard Yon

Bernard Yon, "La parole et la composition de l’Astrée", dans Bulletin de l’Association d’études sur l’humanisme, la réforme et la renaissance, année 2002, volume 54, numéro 54, pp. 139-148.

Extrait de l’article

Honoré d’Urfé est né en 1567. Un proche d’Honoré d’Urfé assure avoir vu une première ébauche de l’Astrée en 1585. L’Astrée paraît entre 1607 et 1627. C’est assez dire que la genèse de cette œuvre dont les histoires de la littérature font l’ouverture du XVIIe s. se situe au XVIe s. et qu’elle recueille l’héritage de l’Humanisme et de la Renaissance. Elle la recueille d’autant mieux que le grand-père de son auteur était l’héritier d’une vaste bibliothèque, dont le fonds était sans aucun doute médiéval et comportait, outre des manuscrits, un grand nombre d’ouvrages des premiers temps de l’imprimerie. Le jeune Honoré lui-même avait été l’élève du collège de Tournon, tenu par les jésuites, dont l’enseignement bénéficiait des usages et des acquis de l’humanisme.

Ce n’est pas le lieu d’examiner la vision du monde qui transparaît dans le texte ; elle dénote une bonne connaissance de l’antiquité à travers les travaux des humanistes, en particulier l’Histoire de la Rome de la République et de l’Empire, ainsi que du haut Moyen Age. Honoré avait lu les textes antiques directement ou dans des traductions et ouvrages de seconde main. Proche par sa famille et par son action personnelle des grands mouvements de la Réforme (surtout catholique) et de la Ligue, apparenté à la Savoie et lié à l’action du duc de Nemours, il développe une vision nationale française, penchant vers une sorte de gallicanisme, qu’il monnaye romanesquement en un amour et une description de la petite patrie, mais qui la dépasse largement.

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