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17-18 juin 2010, Tours : Pouvoir médical et fait du prince au début des temps modernes

Lieu : Centre d’Études Supérieures de la Renaissance et Faculté de Médecine, Université François-Rabelais de Tours.
Date : Jeudi 17 et vendredi 18 juin 2010.

Programme définitif

Le colloque a pour objectif une réflexion sur la manière dont s’est construite l’identité du médecin dans le contexte des cours de la Renaissance et des débuts des temps modernes et comment s’est constituée la notion de pouvoir médical. La période retenue est propice à l’étude de la complexité et de l’ambiguïté d’un type de médecin particulier, confronté dans sa profession à l’autorité des princes, de leurs ministres ou de leur entourage, représentant une élite professionnelle, soucieuse de préserver un savoir spécialisé autant qu’un statut social privilégié.
Il ne s’agit pas ici d’examiner des interventions du pouvoir du roi, du prince ou du pape, dans l’enseignement de la médecine, dans la réglementation des hôpitaux, voire dans les décisions médicales, mais de comprendre la nature et la réalité des liens qui font de certains hommes les témoins, les porte-paroles ou les conseillers des puissants. Le médecin de cour, vivant au palais toute l’année, ou consultant par périodes, accompagnant le prince dans ses déplacements et rétribué par ce dernier, est un phénomène qui suscite plusieurs interrogations. Dans une telle situation, comment le médecin se définit-il ? Payé par le prince, n’est-il qu’un praticien chargé d’assurer la sécurité et la santé de ce dernier, qui doit rendre compte publiquement de sa pratique devant la cour, la collectivité et les examinateurs étrangers ? Par ailleurs, ses fonctions l’amènent à pénétrer dans la sphère privée des princes et à tenir compte de leurs habitudes de vie et de modèles culturels qui régissent leur comportement et le mode d’expression de leurs maux, leurs attentes ou leurs exigences face à la maladie. Témoin et acteur privilégié, le médecin des princes entretient avec ses patients une relation interpersonnelle, dont nous ne connaissons que la face publique, parfois même occultée par des fonctions extra-médicales imposées par le roi ou le prélat.
Il reste que le médecin de cour est aussi le médecin ordonnant. En amont de la prescription ou des soins, il y a eu nécessairement une démarche d’observation, parfois même écrite quotidiennement, une tentative de construction d’un sens donné à un accident, à la maladie, voire à la mort du prince. La prise de décision, la prescription orale et écrite du geste médical ou chirurgical sont incontestablement des marques de l’autorité médicale qui se fonde sur un savoir disciplinaire et peut-être sur un esprit de corps. Le concept de « pouvoir médical » doit être étudié dans ce contexte précis. Dans le domaine public et dans la science médicale, c’est au médecin du prince que sont confiées les fonctions officielles d’expertise ou de conseil, l’élaboration de thérapies et de connaissances nouvelles, parfois opposées aux doctrines normatives de l’Université. Mais s’il innove, est-ce son fait ou celui, encore, du Prince ?

Jusqu’ici peu d’études ont été menées de façon systématique sur cette problématique, car les documents anciens, souvent dispersés, sont d’un accès difficile et ne sont même pas toujours répertoriés (fonds d’archives, minutiers de notaires, correspondances, textes liminaires de traités médicaux, manuscrits médicaux…). C’est pourquoi le colloque affiche volontairement sa dimension pluridisciplinaire, représentative du Centre d’Études Supérieures de la Renaissance, et sera ouvert aux jeunes chercheurs de toutes disciplines humaines et sociales, car la thématique traitée en histoire de la médecine est aussi l’occasion d’une réflexion sur la place du médecin et de la médecine dans les sociétés contemporaines en Europe. C’est pourquoi les lieux où se tiendra le colloque sont partagés entre le CESR et la Faculté de Médecine, afin de permettre aux médecins et aux étudiants en médecine soucieux de l’histoire de leur discipline d’y participer plus aisément.

Organisé par :
Jacqueline Vons, CESR, Université François-Rabelais de Tours, directrice du projet de recherches « Histoire de la médecine »,
Stéphane Velut, Faculté de Médecine, Université François-Rabelais de Tours, projet de recherches « Histoire de la médecine ».

Programme


Jeudi 17 juin 2010 : Faculté de Médecine

14h45 : accueil des participants

15h. Ouverture du colloque par M. Perrotin, Doyen de la Faculté de Médecine de Tours.

Le Prince et les expertises médicales

15h15-15h45 : Pauline Saint-Martin (Fac. Médecine de Tours), Stéphane Velut (Fac. Médecine de Tours), Jacqueline Vons (CESR) : André Vésale et la mort du roi Henri II.

15h45-16h15 : Evelyne Berriot-Salvadore (Université de Montpellier) : Préfaces et discours aux Princes : Ambroise Paré : la figure d’un chirurgien expert.

16h15-16h30 : discussion
Pause

16h45-17h15 : Jacqueline Allemand (Musée Nostradamus) : Un médecin périodeute à la Cour de Catherine de Médicis : Michel de Nostredame dit Nostradamus (1503- 1566).

17h15-17h45 : Alexandre Lunel (Paris VIII) : Une tentative d’uniformisation de la formation et de la pratique médicale : l’édit de Marly de 1707.

17h45-18h : discussion
18h : apéritif offert sur place

Vendredi 18 juin 2010 : CESR

9h : accueil des participants

Regards sur le médecin de cour en Europe

9h15-9h45 : Jean-Paul Pittion (CESR) : Rodrigo Lopez, médecin d’Elizabeth : poison, politique et conspiration à la Cour d’Angleterre 1584-1594.

9h45-10h15 : Geneviève Xhayet (Université de Liège) : Henri de Heers, médecin à la cour d’Ernest de Bavière, prince évêque de Liège (1581-1612) et les eaux de Spa.

10h15-10h45 : Magdalena Kozluk (Université de Lödz, Pologne) : Les médecins du roi en Pologne (XVIIe siècle).

10h45-11h : discussion
Pause

11h15-11h45 : Rosanna Gorris (Université de Milan) : Louis de Rochefort, médecin à la cour de Marguerite de Savoie.

11h45-12h15 : Donatella Lippi (Faculté de Médecine, Université de Florence) : Medici e Medicina alla corte dei Granduchi di Toscana

12h15-12h30 : discussion
Pause déjeuner

Le médecin dans l’intimité des princes

14h15-14h45 : Virginie Worth- Stylianou (Université d’Exeter) : Le médecin à la naissance des princes.

14h45-15h15 : Stanis Perez (Université de Paris XIII) : Le bulletin de santé de Charles Quint par son médecin Mathys.

15h15-15h30 : discussion
Pause

15h45-16h15 : Concetta Pennuto (Université de Genève) : Le médecin et le pape. La polémique d’Andrea Turrini sur la saignée.

15h45-16H15 : Andrea Carlino (Université de Genève) : Filippo Cavriani, une figure de médecin étranger à la cour de Henri III.

16h45 : Discussion et Conclusions. Brève présentation de positions de thèses et de mémoires de M2 en histoire de la médecine.