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Pairie de France et barons de Bretagne : plasticité et vacuité des mythes historico-politiques

Jean-Christophe Cassard

Cassard, Jean-Christophe, Pairie de France et barons de Bretagne : plasticité et vacuité des mythes historico-politiques, Tudchentil, 2009 (http://www.tudchentil.org/spip.php?article638). Première édition dans Vérité poétique, Vérité politique : Mythes, modèles et idéologies politiques au Moyen Age ; Actes du colloque de Brest, 22-24 septembre 2005, Brest, CRBC-UBO, 2007, p. 59-76.

Extrait de l’article

Au sein de l’appareil monarchique, l’ordre des apparats ne tient pas seulement une fonction de graduation dans l’honorabilité : il sert au gouvernement des puissants. En effet, en assignant à chacun d’eux une place reconnue dans la familiarité hiérarchisée du prince, il conforte les bons serviteurs et stimule la fidélité obéissante de ceux qui désirent avancer encore, tout en laissant planer sur les malcontents et les possibles révoltés la menace d’une rétrogradation infamante sur l’échelle des dignités curiales en sanction de leur faute ou de leur réticence. Du moins en théorie, car le prince ordonnateur peut toujours pardonner, à défaut d’oublier complètement.

De ce jeu subtil, le Moyen Âge central pose les règles au fur et à mesure que les pouvoirs régaliens affirment leur réalité en s’extrayant de la confusion de vassalités superposées, imbriquées au risque de devenir contradictoires ; et le roi de France leur donne le ton, quitte à forger des distinctions neuves, librement inspirées de l’arsenal référentiel de la littérature de chevalerie héritée des soi-disant temps anciens. Le mythe des douze pairs du royaume, décalqué des douze preux du Charlemagne de l’épopée, émerge pleinement dans le courant du XIIIe siècle parmi ces bricolages à mi-chemin entre vérité poétique et vérité politique

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