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« L’or enfoui »

Frédérique Verrier

Frédérique VERRIER, « L’or enfoui », Clio, 5-1997.

Extrait de l’article

Dans les traités italiens du XVIe siècle consacrés au mérite, à la dignité et excellence des femmes, le mot « censure » ne figure pas nommément, mais si le terme est anachronique, la notion qu’il recouvre ne l’est peut-être pas, comme semblent le suggérer les comparaisons de la valeur féminine à un soleil obscurci ou masqué par des nuages, ou bien à de l’or enfoui dans la terre. es images d’occultation, d’ensevelissement, d’étouffement pourraient être des métaphores d’une censure que nous interpréterons comme la variante intellectuelle et cognitive de cette « tyrannie » - mot, celui-ci récurrent sous la plume des femmes ou de leurs défenseurs - dénoncée par la trattatistique philogyne du XVIe siècle. Le débat sur la censure dont les femmes feraient l’objet n’est par conséquent qu’un des volets - culturel - de cette querelle pluridirectionnelle qui investit les consciences et les sociétés européennes de la Renaissance. L’Italie est alors le lieu d’une réflexion sans précédents, par son ampleur (quantitative) et par sa portée (qualitative) sur les mécanismes d’asujettissement du sexe faible par le sexe fort.

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