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Une épidémie de « romans de finances ». Production, distribution et répression de l’édition clandestine à Rouen et Paris en 1763-64.

Daniel Droixhe

Daniel Droixhe, Une épidémie de « romans de finances ». Production, distribution et répression de l’édition clandestine à Rouen et Paris en 1763-64, dans La lettre clandestine n° 17 (Le délit d’opinion à l’âge classique : du colporteur au philosophe), 2009, p. 157-89. Edité en ligne sur ORBi.

Extrait de l’article

Le 1er septembre 1763, Bachaumont écrivait dans ses Mémoires : « La littérature essuie des
modes, ainsi que tout le reste : depuis quelque temps les génies se sont tendus vers la finance et la
politique : les calamités de l’état ont fait naître des écrits vigoureux, presque dignes des beaux jours
des républiques d’Athènes et de Rome ». Si l’on songe surtout aujourd’hui, quand il est question de
littérature clandestine, aux ouvrages philosophiques ayant sapé les fondements de la conception
traditionnelle de l’homme et de la société, par la provocation matérialiste ou collectiviste, par le
libertinage intellectuel ou moral, d’autres écrits de contestation n’ont pas moins mobilisé la répression
policière. La traque dont ils furent l’objet atteste leur pleine appartenance à la catégorie des textes
offrant un « délit d’opinion ». Tels sont les écrits sur « la finance » dont Bachaumont nous rappelle la
place dans les débats qui agitèrent les années 1760, à côté de la mise en cause plus générale d’une
politique royale aux prises avec la fronde parlementaire.

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