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1.1. La bibliothèque de Louise de Lorraine, parangon de la culture du 16e finissant ?

Ghislain Tranié

Tranié, Ghislain, Louise de Lorraine (1553-1601). L’esprit et la lettre d’une reine de France.
Mémoire de maîtrise d’histoire moderne, sous la direction de Denis Crouzet,
I.R.C.O.M./Centre Roland Mousnier, Université de Paris-Sorbonne, 1999-2000.
Publié sur Cour de France.fr le 1er septembre 2010 (http://cour-de-france.fr/article1582.html).

Première partie : L’Esprit

…Ou plutôt un esprit, dans son intertextualité et ses références culturelles, afin de le replacer dans son milieu, son époque, et pour tenter de comprendre son positionnement face à ce même milieu, cette même époque. L’esprit est intrinsèquement constitutif de la personne dans son aperception philosophique, et s’appréhende par conséquent selon une tension duelle entre Nature et Culture. Sonder un esprit en mouvement recèle donc une part de mystère : cette face cachée tend cependant à se révéler lorsque son imaginaire - l’ensemble des représentations fictives et réelles qui l’influencent - est mis en lumière.
Or cet imaginaire provient autant de tout ce qui relève de la communication “acroamatique” [1], selon le mot de Gilbert Gadoffre, que des “litterae” humanistes, constitutives de l’univers de l’écrit. Et, si la difficulté à caractériser des critères identifiant un art et une pratique de la conversation chez Louise de Lorraine est grande, en revanche nous disposons d’une bibliothèque et de lettres signifiantes. Toutefois, afin d’apprécier l’écriture épistolaire de la reine, il convient d’examiner en premier lieu ses goûts livresques…

1.1. La bibliothèque de Louise de Lorraine, parangon de la culture du 16e finissant ?

L’historiographie des guerres de religion occulte souvent toute idée d’épanouissement d’une culture personnelle qui ne se serait pas largement inspirée des troubles et des cataclysmes du temps. Pourtant, un îlot de ‘résistance’ existe à la cour d’Henri III, avec en particulier les acquis de l’Académie de Baïf et l’institution de l’Académie du Palais. Dans quelle mesure la reine Louise s’illustre, ou alors prend des distances vis à vis de ces données ?

1.1.1. Caractères généraux

Le 8 janvier 1603, en présence de Marie de Luxembourg, duchesse de Mercoeur, et du procureur de l’évêque de Verdun Henri de Lorraine (exécuteur testamentaire de sa sœur Louise), René Adam, un inventaire [2] après décès fut réalisé au château de Chenonceau touchant les biens du domaine en vue du règlement de la succession de la reine, décédée à Moulins le 29 janvier 1601. Or, parmi les effets de celle-ci, se dégage un coffre scellé [3] renfermant une librairie, c’est à dire une bibliothèque. Une fois les scellés levés, le notaire consigna par le menu tous les livres qui s’y trouvaient, et n’omit point de fixer leur valeur : non que cette dernière fût grande, mais elle contribuait certainement à éponger des dettes que la reine Louise tenait déjà de Catherine de Médicis. Ces 83 ouvrages forment un ensemble de 111 volumes (si l’on s’en tient aux mentions portées par le rédacteur de document), et constituent donc le dernier état de la bibliothèque d’une reine de France.
Dernier état, mais certainement pas apogée d’un corpus livresque. En effet, cette librairie ne supporte guère la comparaison avec d’autres appartenant à des personnes de rang égal. Ce critère comparatif est d’ailleurs utilisé par Jacqueline Boucher [4] qui confronte l’épouse et la sœur d’Henri III. Il en ressort que Marguerite de France possédait plus de 300 livres, avec une inclination toute particulière pour la littérature de cour, alors que Louise de Lorraine préférait les oeuvres de piété, ne gardant les autres ouvrages que pour la distraction et les nécessités de la conversation. Si nous ne tendons pas à énoncer des conclusions très différentes, néanmoins il ne faudrait point perdre de vue que cette librairie de 1603 a beaucoup souffert des contingences de la vie de sa propriétaire, et qu’elle a en partie été reconstituée ou bien améliorée après 1588. Car, bien que Louise de Lorraine eût demeuré avec la reine mère à Paris après la Journée des Barricades pour négocier l’édit d’Union, elle se réfugia en l’Hôtel St Eustache, laissant certainement des effets personnels au Louvre… où elle ne revint sûrement pas avant 1595. En fait, plusieurs grands personnages du royaume, outre la famille royale, eurent à subir les conséquences des violences ligueuses. Comme Louis de Gonzague, duc de Nevers, en faveur duquel Louise intercéda en écrivant le 5 décembre 1589 à son frère Philippe Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, alors en possession de la vaisselle du duc de Nevers.
“Je vous prie bien fort le contanter luy faisant rendre. Je luy ay recongneu en vostre endroict beaucoup d’affection et pour mon regard il m’en porte aussy, qui me faict encores de rechef vous prier qu’il ait sadite vaisselle.” [5]
Si le recouvrement de tels objets était envisageable, en revanche il est fort peu probable que pareille chose ait pu se réaliser pour une matière aussi fragile que celle des livres… Cependant, comme le remarque Jacqueline Boucher, des livres reliés à ses armes réapparaissent à la faveur de ventes [6], depuis la fin du XIXème.
Malgré cet état lacunaire, la validité de l’ensemble n’est pas contestable. Et, bien que la reine jouît de plusieurs demeures, dont Moulins et Romorantin, nous ne retrouvons aucun inventaire effectué en ces lieux. Amenée à voyager fréquemment, elle devait certainement faire suivre ses bagages depuis Chenonceau. Ainsi, quoique éloignée de la Touraine lors de son décès, il est logique d’y retrouver sa bibliothèque.
Mieux que ‘retrouver’, il s’agit de ‘re-présenter’ les livres qu’elle conservait et auxquels elle était attachée [7]. Sur ce dernier point, la biographie – à forte connotation hagiographique – d’Antoine Malet est significative, et ce dès l’annonce du titre du chapitre dont est tiré l’extrait qui suit – “Louyse prend plaisir aux Histoires sainctes au lieu des contes, c’est son entretien ou par vive voix, ou par les livres depuis huict iusques à dix”.
“I’ay fait autrefois à Chenonceaux l’inventaire de ses livres ou d’histoires sainctes ou de devotion. Il y en avoit un si grand nombre qu’il seroit difficile de penser qu’une personne de son sexe eust faict un si grand amas de ces porteurs de nouvelles du Paradis.” [8]

Si notre auteur se targue d’être à l’origine de l’inventaire, en revanche il ne cite aucun livre ; quant au nombre, le fait est exact pour la partie religieuse, non point pour l’ensemble. Toutefois, il nous livre l’origine de cette dévotion livresque, lorsqu’il évoque l’éducation que le comte de Vaudémont et sa deuxième épouse, Jeanne de Savoie, donnèrent à Melle de Vaudémont.
“Cette belle et saincte fille (…) fut curieuse de fournir son cabinet des meilleurs livres qui fussent alors (…) [9]. “Elle avoit apris de bonne heure que la lecture des bons livres remplissoit l’esprit de bonnes pensees et banissoit les mauvaises imaginations [10]”.
L’entretien d’une bibliothèque ne s’inscrit donc pas dans un conformisme à l’égard de ses contemporains, ni même dans une volonté d’affirmer son rang royal puisque la ‘librairie royale’ existe en parallèle des bibliothèques privées des Valois. Cette inclination traduit ainsi bien des choix personnels, même si son existence pose la question de sa formation intellectuelle. Elle explique également la reconstitution (ou bien la mise à jour) de cette bibliothèque.
L’obscurité de ce fond dont ne demeurent que des traces se ressent dès l’examen de son origine. En effet, il serait ardu de savoir exactement où est la part des livres offerts, des livres de commande, et de ceux achetés personnellement. Quoi qu’il en soit, Louise de Lorraine fréquentait les boutiques et se déplaçait souvent sans grande escorte dans Paris : aussi n’est-il pas improbable qu’elle ait visité les imprimeurs-libraires.
Par ailleurs, elle a hérité du domaine de Chenonceau au début de 1589, selon les dispositions du testament de Catherine de Médicis. Quelques livres semblent ainsi provenir des fonds de la reine mère : l’abbé Chevalier mentionne que les oeuvres de Cinthio, de Bembo, de Sannazaro et de l’Arioste figuraient avant 1589 dans sa bibliothèque, et qu’elle les avait ‘acquis’ de la famille Strozzi [11].
De plus, l’inventaire ne nous donne que de maigres indications sur les caractéristiques formelles de ces livres. A grand peine trouvons-nous “un grand livre (…) à fleurs de lyz”, le prix estimé, ou encore le nombre de volumes pour certains ouvrages. Quant aux titres transcrits, ils sont pour la plupart d’entre eux incomplets ; de même les auteurs ne sont qu’à de très rares exceptions nommés. Enfin, la difficulté s’accroît si l’on tente d’esquisser le devenir de ces livres après 1603. Leur dispersion a pu intervenir au gré de ventes assurant le règlement successoral, ou alors ils échurent dans le patrimoine des Mercœur, puis des Vendôme. Des hypothèses qui sont d’autant plus improbables que ces derniers n’ont guère résidé à Chenonceau ; et si des livres demeurèrent au château, il est certain que les nombreuses ventes qui l’ont affecté aux XVIIIe et XIXe siècles ont altéré définitivement la bibliothèque initiale. C’est pourquoi nous ne retrouvons guère de livres, sauf quelques une comme Barlam et Josaphat, ou une Histoire de la Reyne d’Ecosse.

1.1.2. Typologie livresque

Le classement opéré ne reprend pas l’inventaire dans sa dimension linéaire, et se conçoit comme une représentation thématique. D’abord interviennent les oeuvres d’auteurs antiques ou leurs traductions. Puis les ouvrages contemporains, selon deux modalités linguistiques, à savoir l’italien et le français. L’aspect linguistique n’est toutefois pas ici un moteur essentiel, malgré la présence, en plus de la langue vernaculaire, du grec, du latin et de l’italien. Car le ‘corps’ de la bibliothèque est en fait son volet religieux et dévotionnel.
Les titres de l’inventaire étant très souvent incomplets, nous les avons complétés lorsqu’ils se sont avérés sûrs. Et, afin de donner un sens à cette accumulation de titres, nous avons rajouté dans la mesure du possible, les noms des auteurs et divers autres renseignements contenus en grande partie dans le catalogue de la Bibliothèque Nationale et le dictionnaire de Cioranescu sur la bibliographie du XVIe siècle. Les notes ont pour vocation de préciser des hypothèses bibliographiques lorsqu’un auteur, une année de publication demeurent suspects. Elles permettent parfois d’ajouter quelques renseignements complémentaires, en essayant de ne pas entraver de trop la clarté de la liste.

Bibliothèque de 1603

Ouvrages antiques, traductions :

Virgile
Horace
Demosthenia Opera (2 livres en grec)
Xénophon, Cyropédie [12]
Cicéron (8 tomes)
Cicéron, Epistres familieres [13]
Tite Live, Histoire (3 volumes)
Cornelius Tacitus [14]
Flavius Josèphe, Histoire de Joseph, de la Guerre, destruction et captivité des Juifs ; un traité du Martyre des Maccabées, la Vie de l’autheur escrite par luy-mesme, l’Abrégé de Josippe sur le mesme argument,…mise en françois, reveuë sur le grec et illustrée de chronologie, figures, annotations et tables, tant des chapitres que des principales matieres, par D. Gilb. Genebrard, Paris, 1578.
Appiani Alexandrini Opera [15]

Plutarque, Vyes (trad. Amyot ?) [16]
Plutarque, Œuvres meslees

Ouvrages contemporains

Italiens :

G. B. Giraldi Cinthio, De la seconda parte degli Hecatomiti [17]
Arcadia di messer Jacopo Sannazaro [18]
Cena di messer Jacomo Ariosto
Prosa di messer Petro Bembo [19]

Français :

Histoire de France (2 volumes)
Bernard de Girard du Haillan, Histoire de France (2 volumes), Paris, 1576. [20]
Nicolas Biré, Alliances généalogiques de la maison de Lorraine, ensemble de ceux de Bar, Vaudémont, Luxembourg, et les memoires des guerres qui ont esté en France depuis l’an 1560 jusques en l’an 1593, par P.B., Nantes, 1593.
Congratulation faite au Roy
André Thevet, Cosmographie Universelle, Paris, 1575.
André Thevet, Les Vrais portraits et vies des hommes illustres grecs, latins et payens, anciens et modernes, recueilliz de leurs tableaux, livres, médailles antiques et modernes, second tome, Paris, 1584.
Femmes illustres [21]
Marsile Ficin, Les Trois Livres de la Vie : le I, pour conserver la santé des studieux ; le II, pour prolonger la vie ; le III, pour axquérir la vie du ciel avec une Apologie pour la medecine et astrologie. Le tout composé …en latin par Marsille Ficin …et traduit en françois par Guy Le Fèvre de La Boderie, …suivi de six sonnets du traducteur, Paris, L’Angelier, 1581.
Ambroise Paré, Cinq livres de Chirurgie, Paris, 1572. [22]
F. Vinciolo, Les singuliers et nouveaux pourtraicts du sieur Federic de Vinciolo, pour toutes sortes d’ouvrages de lingerie, …De rechef et pour la quatrième fois augmentez, Thurin, Thomysi, 1589. [23]

Bibliothèque religieuse

1. Ouvrages généraux :
Bible
Bréviaire
Bréviaire “romain non de nouvelle impression selon le concile de Trente”
Psaultier

2. Hagiographies ; Pères & théologiens de l’Eglise médiévale :
René Benoist, Vyes des Sainctz (3 tomes)
Vye de St Hierosme
Hystoire de Saincte Geneviefve
Hystoire de Saincte Geneviefve
Barlaam et Iosapha, roy de Judée [24]

St Augustin, Cantiques et Psaumes [25]
Saint Augustin, Confessions
Saint Augustin, Confessions
Hugues de Saint Victor, Œuvres du bon et ancien père en Dieu l’abbé de Cluny [26]
Robert Bacon (?), Lettres nouvelles [27]

3. Dévotion Mariale :
Raymond Jordan, Les contemplations de Idiota…, Paris, Chaudière, 1586. [28]
Louis de Grenade, Rosario de la Sacratissima Maria Virgine. [29]
Frederic Morel (?), Officium beatae Mariae, Paris, 1585. [30]
Jean de Ranay, sieur de Lavardin, Recueil de la vie et conversation de la Vierge Marie, Paris, 1585. [31]

4. Sermons :
Sermons des Dimanches de l’année [32]
Sermons sur l’excellence de Nostre Seigneur
Fr. Corneille Musso, Sermons sur l’advenement du benoist Sainct Esprit, le jour de la Pentecoste, traduit d’italien en françois par M. J. Berson, …Item Interpretations d’aucunes parolles et l’accomodation d’icelles à ladite histoire, par le mesme translateur avec toutes ses predications faictes ce karesme dernier à Sainct Jacques de la Boucherie, reduites par quadrains, Paris, L’Huilier, 1574.
Simon Vigor, Sermons et predications chrestiennes et catholiques du saint sacrement de l’autel, accommodées pour tous les jours des octaves de la Feste-Dieu, prononcées par Monsieur Viget, archevesque de Narbonne. Mises en lumières et reveues par Jehan Christi, Paris, 1577. [33]
Fr. Corneille Musso, Les Sermons très-doctes et éloquens de très-Reverend P. Messire F. Corneille Musso, …faicts en divers temps et divers lieux, et mis en ordre suivant celuy de la derniere impression italienne, …mis d’italien en françois par Gabriel Chappuys, Paris, Chaudière, 1584. [34]
Sermons du R.P. en Dieu messire Philippes du Bec, Paris, 1586. [35]

5. Ouvrages de spiritualité et de mystique. Des mystiques antérieurs au XVIe siècle… :

Denis le Chartreux, De l’estroict chemin du salut, contenant le contemnement du monde, le Mirouer des amoureux du monde et tout ce qui concerne l’enormité du peché. Faict en latin par venerable pere Denis Lenais de Rickel, dict communement le Chartreux, avec la vie de l’autheur. Le tout traduict en François par Frere Iacques Morice, Paris, Chaudiere, 1586, 2vol., 410 ff.
Raymond Jordan, Les Contemplations de Idiota, homme de saincte vie …sur l’amour divin, la Vierge Marie, la vraie patience, et la mort …de la traduction de M. Jacques Tigeou, Paris, Chaudière, 1586. [36]
Nicéphore, Histoire ecclésiastique de Nicéphore fils de Calliste Xantouplois, traduicte nouvellement du latin en françois de nouveau corrigée et mise en meilleur françois qu’auparavant par deux docteurs de la faculté de théologie à Paris, Paris, Langelier, 1586. [37]
Henry Suso, Oeuvres spirituelles de Henry Suso personnage fort celebre en doctrine, et saincteté de vie. Nouvellement traduittes de latin en François, par F.N. Le Cerf, Prieur de la Chartreuse de Nostre Dame de Bonne Esperance, près le Chasteau de Gaillon, Paris, 1586. [38]
Basile de Césarée, Discours de la pénitence traduit de grec en françois, sur l’original de saint Basile le Grand par Fr. Morel, Paris, Morel, 1587. [39]

5.1. Le courant espagnol :

Douze tomes du R.P. Loys de Grenade [40]
Louis de Grenade, Traité de l’Oraison Chrestienne [41]
Louis de Grenade, Grande Guide des Pecheurs [42]
Louis de Grenade, Mémorial de la vye Chrestienne [43]
Louis de Grenade, Le vray chemin et adresse pour acquerir et parvenir à la grâce de Dieu, par Louis de Grenade, et mis en françois par François de Belleforest, Paris, 1579.
Louis de Grenade, Supplément de dévotion
Dom Antonio de Guevara, Oratoire des Religieux, trad. Paul du Mont, Paris, 1576.
Diego de Estella, Livre de la vanité du Monde divisé en trois parties, composé par R.P.F. Diego de Estella, trad. Gabriel Chappuys, Paris, 1587. [44]
Diego de Estella, Méditations très dévotes de l’amour de Dieu par le Révérend Père Fr. Diego de Stella, …mises d’hespagnol en françois par Gabriel Chappuys, Paris, 1586.
Jean d’Avila, Epistres spirituelles de R.P. J. de Avila, très renommé prédicateur d’Espagne, fidèlement traduites et mises en meilleur ordre que dans l’exemplaire hespagnol, par Gabriel Chappuys, Paris, 1588.

5.2. Autres :
Arnaud Sorbin (?), Formulayre d’oraisons, Paris, 1567. [45]
Six livres de l’advenement de Nostre Seigneur
Méditations de la Magdelaine

Manière de bien aymer Dieu
Souverain Remède d’aymer Dieu
Instruction pour aimer Dieu
Traité de la crainte de Dieu

6. Doctrine & controverse théologique :
Francesco Panigarole [46], Leçons Catholiques sur les doctrines de l’Eglise divisées en trois parties, prononcées à Thurin l’an 1582 par F. François Panigarole, …traduictes de l’italien en françois par C.G.T. (Gabriel Chappuys), 1586. [47]
Francesco Panigarole, Leçons Catholiques…
René Benoist, Claire et certaine probation de la nécessaire manducation de la substancielle et réale humanité de Jésus Christ, vray Dieu et vray homme, soubs les espèces de pain en l’hostie sacrée sans laquelle aucun ne peut estre sauvé, avec plusieurs traitez qui s’y rapportent…, Paris, 1586. [48]
Philippe de Mornay, sieur du Plessis, De la Vérité de la religion Chrestienne, contre les athées, epicuriens, payens, juifs, mahumedistes, et autres infideles, Anvers, 1581. [49]
Louis Richeome, Victoire de la Vérité Catholique contre la faulse vérification de Philippes de Mornay sieur du Plessis, sur les lieux impugnés de faulx au livre de la sainte Messe [50]

7. Autres

Nicolas Houël, Advertissement et déclaration de l’institution de la maison de Charité Chrestienne establie & fondée par le Roy & la Court de Parlement en la ville & faulxbourgs de Paris, & commancée ès faulxbourgs Sainct Marcel, par l’authorité du Roy et de sa court de parlement, 1578. Ensemble plusieurs sainctes exhortations, instructions et enseignements tant en prose qu’en vers pour induire le chrestien à aimer Dieu et les pauvres, le tout recueilly des Sainctes Escritures et authoritez des saincts docteurs de l’Eglise catholique…, Paris, Chevillot, 1580. [51] -dédicacé-
Claude Vicar, Petit discours de l’utilité des voyages ou des pèlerinages, tiré de plusieurs passages de la sainte Ecriture et autres autheurs, mis en lumière du commandement de la royne de France, par E. Maignan…, Paris, Roger, 1582.
Gabriel Giraudet, Discours du voyage d’outre-mer au Saint Sepulchre, Paris, 1585. [52]

Divers :

“ung grand livre (…) à fleurs de liz”
“livre de Nuvoclois”
“descripts de tres digne memoire”

Annexe : une bibliothèque virtuelle ?

Une partie notable des bibliothèques royales provient de commandes, de dons souvent accompagnés d’une dédicace, plus ou moins formelle et prolixe. La liste suivante montre dans l’ordre chronologique – mais aussi thématique – de leur publication des livres dédicacés, offerts à Louise de Lorraine, et qui ne figurent pas en général dans l’inventaire après décès, parce qu’elle les a perdus dans les troubles, ou bien parce qu’elle ne les a pas conservées de son propre chef.
D’ailleurs, un indice probant de l’existence d’une conservation sélective des livres existe. En effet, vraisemblablement autour de 1598, un jeune juriste, Jean Duret, originaire de Moulins, fit appel à la reine douairière afin d’obtenir sa caution : l’ouvrage qu’il comptait faire imprimer n’intéressait qu’un public restreint, et son imprimeur ne voulait pas s’engager sans garantie de recouvrement de son investissement [53]. Or Louise de Lorraine répondit favorablement et ce dernier lui dédia son œuvre : il est par conséquent curieux de ne pas retrouver ce livre dans la librairie de Chenonceau. Et l’hypothèse de livres restés à Moulins nous paraît encore une fois suspecte. Quant à l’autre ‘locataire’ du château de Moulins, Antoine de Laval, auquel la reine aurait pu confier ses livres, il semble très peu probable que ce dernier en ait reçu, puisque le testament de Louise de Lorraine ne le mentionne pas, et car les héritiers ont visiblement recherché tous ses biens afin de payer les créanciers. [54]

Livre d’Heures [55]
Missa ad postulandam a Deo prolem pro christianissima regina Franciae, in insigni ecclesia Carnotensi, per novem diem mense octobri 1577, ex voto ejusdem reginae solemniter celebrata
. [56]
Noël Gillet, Portraict de la Felicité de très-illustre, très-haut, et très-puissant prince Monseigneur Nicolas de Lorraine, duc de Mercueur, marquis de Nomeny, comte de Vaudemont et de Chaligny…, Reims, 1574. [57]
Noël Gillet, Epithalame et chant nuptial sur la nopce du tres-chrestien roy de France et de Pologne Henry troisiesme de ce nom et de Loïse de Lorraine, Lyon, 1575.
Jean de La Jessée, Epithalame…, in Les premieres œuvres françoises de J. de L. J., Anvers, 1583.
Jacques de Vintimille, Epithalamium Henrici III Galliae Poloniaeque regis et Lodoicae Lotarenae, Paris, 1575.
Jean Antoine du Baïf, Epistre au roy (1575) -dédicacé-
Hymne de la beauté de Dieu (1576) -dédicadé-
Rémi Belleau, “Eglogues” -dédicacé-
Flaminio de Birague, Oeuvres poétiques… (1581) -sonnet dédicacé-
Joachim Blanchon, Les premières œuvres poétiques, Paris, 1583
Nicolas Clément, Annagramatum, 1583 -poème dédicacé- [58]
Philippe Desportes, Cartels, mascarades et épitaphes (1583) -poème dédicacé-
Jean Dorat, Sibyllarum duodecim oracula (1586) -dédicacé-
Jean Lebon, Abbregé de la proprieté des bains de Plommieres, extraict de trois livres latins de Jean Le Bon, Hétropolitain, médecin du Roy et de Monsieur le cardinal de Guyse. A la Royne, Nancy, 1576. [59] –dédicacé–
Nicolas Hoüel, Procession de Louise de Lorraine, femme de Henri III, allant du Louvre au faubourg Saint Marceau pour poser la premiere pierre de la nouvelle Maison chrestienne projetée, même commencée en 1584, Paris, 1584.
Barthélemy de Beaujoyeulx, Ballet comique de la Royne faict aux nopces de M. le duc de Joyeuse et de Mademoiselle de Vaudémont sa sœur, Paris, Le Roy, 1582. [60]
Claude Vicar, Petit discours de l’utilité des voyages ou pèlerinages, tiré de plusieurs passages de la sainte Ecriture et autres autheurs, mis en lumière du commandement de la Royne de France… (1582) -dédicacé-
F. Vinciolo, Les singuliers et nouveaux pourtraicts pour toutes sortes d’ouvrages de lingerie, Turin, 1589 -dédicacé-
Barnabé Brisson, Code du roy Henry troisième, roi de France et de Pologne, Paris, Morel, 1587. -dédicacé-
Jean Duret, Alliance des lois romaines avec le droit français, Paris, 1600. -dédicacé-
Philippe Duplessis Mornay, De la vérité de la religion chrestienne, contre les athées, epicuriens, payens, juifs, mahumedistes et autres infideles, Anvers, 1581.
John Leslie, Regiment of Women (ca 1580) - dédicacé- [61]
Histoire de la mort de la Reyne d’Ecosse [62] - dédicacé-
Loys Papon, La Constance à tres illustre princesse Loyse, reine de France (1589 ou 1590) [63] -dédicacé-

1.1.3. Perspectives

L’importance de la notion de bibliothèque dans l’imaginaire du XVIe siècle est particulièrement perceptible dans la publicisation de la matière politique. La constitution de la collection royale sous François 1er est coextensive du “grand projet” énoncé par Gilbert Gadoffre [64][64] comme un facteur de prestige. Les bibliothèques Montmorency eurent également un impact considérable sur les mouvements culturels de l’époque.

“Dans ses deux principaux châteaux à Chantilly et à Ecouen, il y a de grandes salles consacrées à la ‘librairie’ qui, par son contenu et la somptuosité de ses reliures, a fait sensation sur les contemporains. Nicolas Viole, aumônier du Roi, a livré ses impressions dans la dédicace d’un livre offert au Connétable, dont il loue les efforts ‘pour réparer la perte inestimable que nous avons faite par ci-devant de tant d’excellents et singuliers livres, certainement par la faute des nonchalances des princes anciens. Grâce à vous Monseigneur, nous aurons quelque jour en France une librairie plus excellente que celle de Ptolémée Philadelphe ou de Luculle le Romain  [65].

Cette image d’une nouvelle Alexandrie faisant du Connétable le phare du royaume montre la considération dont jouit alors la tenue d’une librairie. Mais, parce qu’elle est un instrument politique, la mise en évidence de la bibliothèque sert au gré des circonstances. Ainsi, pendant les évènements de la Ligue se propage un pamphlet, La Bibliothèque de Madame de Montpensier, liste fantaisiste de cent livres censées lui appartenir où tous les titres contiennent des illusions politico-sexuelles à la conjoncture du temps [66]. Toutefois, les livres conservés par Louise de Lorraine sont nettement plus marqués par leur caractère privé.
Une constatation objective se présente au fur et à mesure que l’on prend connaissance de cette bibliothèque : l’aspect linguistique qui est loin d’être uniforme puisque latin, grec, italien et langue d’oc se mêlent au français. Or la reine comprenait-elle toutes ces langues ? Jacqueline Boucher assure que “sa culture, à l’époque de son mariage, n’était pas étendue”. Elle s’en explique en remarquant qu’en septembre 1580, la reine employa l’érudit Jacopo Corbinelli afin d’instruire sa sœur Marguerite en la langue toscane. Il est vrai qu’une remarque du nonce Ragazzoni dans sa lettre au cardinal de Côme en date du 5 décembre 1583, donne à penser que Louise de Lorraine, contrairement à une bonne partie de la cour, ne connaissait d’autre langue que le français :
“J’allai ensuite rendre visite à la Reine régnante, et m’en acquittais au plus vite, parcequ’elle ne comprend, ni ne parle d’autre langue que le français , et ne participe à aucune négociation” [67].
En fait la reine ne devait pas être capable de soutenir une conversation en italien. Mais il semble peu croyable que les textes latins, et surtout italiens, lui soient demeurés, sa vie durant, totalement abscons. Il est ainsi probable que le Rosario de la sacratissima Maria Virgine a contribué autant au développement de sa spiritualité qu’à sa compréhension de l’italien ; car elle a pu se procurer ce livre dès 1573 ; et, si elle l’avait acquis (ou si on le lui avait offert) sans pouvoir appréhender la langue, l’édition espagnole aurait convenu.
Cette apparente médiocrité est largement imputée à une instruction de jeunesse limitée souvent attribuée à la ‘pauvreté’ de sa famille. Certes, le comte de Vaudémont eut de nombreux problèmes d’argent, mais il était régent du duché de Lorraine et son érudition était fort connue. D’ailleurs, Antoine Malet note que
“ce n’a pas esté une faveur particuliere à Louyse de parler bien mais encore elle s’est estendüe sur tous les autres enfans et principallement sur Philippes Emanuel duc de Mercoeur, frere de Louyse, lequel pour s’estre exercé de ieunesse (…) à la prononciation des langues latines, françoise, alemande, italienne et espagnolle , a esté estime l’un des mieix disans et des plus eloquens princes de son temps” [68].
Mademoiselle de Vaudémont eut donc certainement une éducation conforme à celle de toutes les filles de la maison de Lorraine. Peut être apprit-elle quelques bribes de latin, d’allemand (elle assista à des fêtes à Munich en 1564) et d’italien, mais sans doute celles-ci ne lui permettaient pas de dépasser le stade de la lecture. Les traités d’éducation de la Renaissance s’abstiennent dans la plupart des cas d’évoquer l’instruction des filles. En 1542 cependant, une traduction de l’Instruction de la femme chrétienne de J.L. Vivès parut en France. Son succès fut tel qu’elle connut vingt éditions au XVIe. La science du ménage est décrite comme la principale qualité que doivent acquérir les jeunes filles. Leur formation intellectuelle, où les romans sont proscrits, et les langues anciennes exclues, passe par des livres de piété, la Bible, les Pères de l’Eglise, quelques livres de philosophie [69]. Mais elle ne vise qu’à promouvoir et inspirer la chasteté et l’humilité, vertus qu’exalte d’ailleurs Antoine Malet :
“Que Louyse planta en ieunesse plusieurs grands vertus sur la terre preparee de son doux naturel. Quatre principallement sur touts les autres (…) l’Humilité , la Religion, la Chasteté , et la Vérité” [70].
Quelle que fût la pédagogie employée à son égard, Louise de Lorraine sut mettre à profit ses lectures pour l’instruction et l’édification de ses filles demoiselles. Elle suscita d’ailleurs indirectement l’intérêt de Béroalde de Verville qui dédicace en 1594 à l’une de ses dames, Charlotte Adam, dame de la Valière, un ouvrage pédagogique, les Aventures de Floride. Béroalde insiste sur les bienfaits de la femme et impose la lecture comme la principale forme pédagogique féminine. Les titres de ses chapitres sont éloquents : « Quel bien ce serait si les femmes étaient savantes » ; « Comment les femmes doivent user de leur doctrine » ; « L’abus de ceux qui blasment les femmes sçavantes ». [71] Il est d’ailleurs l’auteur d’un Cabinet de Minerve et d’un Palais des curieux, manuels de ‘singularités’ ou histoires édifiantes sous forme de romans, de contes et de dialogues. L’originalité de ces ouvrages réside dans la valeur accordée à la culture féminine, et il est piquant de constater que Béroalde s’en remette à une dame de noblesse seconde : la reine douairière s’étant retirée du monde, elle conseilla sans doute à l’auteur sa compagne de Chenonceau comme dédicataire. Charlotte Adam recevait là un singulier honneur, mais Louise de Lorraine dut apporter sa caution car les idées de Béroalde étaient novatrices. Au-delà du rôle mondain et du rôle moral, se profilait une nouvelle potentialité, celle de la femme éducatrice, et donc au préalable lectrice :
« si celle qui sait est en compagnie, elle trouvera moyen de proposer accortement mille petites inventions pour resjouyr : au contraire des ignorantes qui ne font que causer, mesdire, blâmer, mentir, se vanter, calomnier, envier, contredire (..) ». [72]

Notes

[1Gilbert Gadoffre, La révolution culturelle dans le France des humanistes, Genève, 1997, p. 275. Par communication acroamatique, il faut comprendre toute communication qui s’effectue “de bouche à oreille”. Le rapprochement de la culture de Louise de Lorraine avec des données humanistes ayant déjà un certain passé s’explique dans la mesure où, dans sa jeunesse, Melle de Vaudémont a été en rapport à la cour de Lorraine avec un humanisme tardif (que son père notamment cultivait).

[2Augustin Galitzin, Inventaire des meubles, bijoux et livres estant a Chenonceaux le huit janvier MDCIII, précédé d’une histoire sommaire de la vie de Louise de Lorraine, reine de France, suivi d’une notice sur le château de Chenonceaux, Paris, 1856.

[3Assurément, la présence de sceaux en matière de succession est fort logique. Cependant elle peut aussi s’expliquer par le fait que certains effets ne se trouvaient pas à Chenonceau au moment du décès de la reine, mais avec elle à Moulins : un transport juridiquement valable implique l’utilisation de sceaux.

[4Jacqueline Boucher, op.cit., p.230-235.

[5Mss. Fr. 3422, fol.61

[6Jacqueline Boucher, op.cit., p.230-235.

[7Et ce d’autant que l’ignorance crasse d’un Dreux du Radier a donné de Louise de Lorraine une image très péjorative au milieu du XVIIIe, en croyant citer des ouvrages de sa librairie aux noms ridicules ou détournés : ainsi le Pré spirituel, le Disciple, les Abeilles, la Fleur des exemples, l’Histoire du trou Saint Patrice, la Légende dorée, les Gestes des Romains historiés, etc.

[8Antoine Malet, op.cit., III, 21

[9Ibid, IV, 3

[10Ibid, IV, 12

[11Abbé Chevalier, Archives royales de Chenonceau : pièces historiques, Paris, 1864, p. CXXXIX.

[12La traduction la plus connue au XVIe est celle de Claude de Seyssel, publié en 1529 à Lyon par Galliot du Pré.

[13Certainement les Epistulae ad familiares de Cicéron, paradigme du classicisme littéraire moderne, et connues sous ce nom dans les traductions d’Etienne Dolet et de François de Belleforest. Cf. Marc Fumaroli, L’âge de l’éloquence. Rhétorique et “res literaria” de la Renaissance au seuil de l’époque classique, Paris, 1994, pp. 88 & 730. Cette hypothèse nous paraît préférable à d’autres qui verraient dans ce titre ou bien Les Epistres Dorées, morales, et familieres, et discours salutaires… d’Antonio de Guevara (car la traduction donnée en 1565 par le sieur de Guterry compte trois volumes : or l’inventaire ne mentionne pas à cet endroit plusieurs volumes), ou bien Les épistres morales et familières du Traverseur…de Jean Bouchet, Poitiers, 1545.

[14La première édition véritablement accessible en France des oeuvres de Tacite est celle de Christophe Plantin en 1574 depuis Anvers.

[15Les œuvres historiques d’Appien furent diffusées au XVIe siècle et se retrouvent dans plusieurs bibliothèques célèbres, comme celle du connétable Anne de Montmorency, avec le second volume de l’Histoire romaine (traduction de Claude de Seyssel, 1510), ainsi que Des guerres des romains… (traduction du même, Galliot du Pré, Lyon, 1544). Voir les Livres du connétable. La bibliothèque d’Anne de Montmorency. Catalogue d’exposition, Musée national de la Renaissance, 1991.

[16Jacqueline Boucher, op.cit., p.230.

[17Ibid., p.230. Le Degli Hecathomiti de Giraldi Cinthio est un des grands succès littéraires du XVIe siècle. “Ses cent nouvelles influencèrent profondément le théâtre dont elles furent source d’inspiration. L’Othello de Shakespeare pourrait en venir. La présence de cette œuvre chez la reine Louise est très caractéristique de la culture mondaine de la fin du XVIe siècle”.

[18Marc Fumaroli, op.cit., p.682. Il s’agit d’un roman pastoral dévot.

[19Ibid., pp 83-91. Pietro Bembo, humaniste vénitien, secrétaire des brefs de Léon X, chantre du cicéronianisme romain est l’auteur des Prose della volgar lingua. Cet ami de Castiglione fut l’un de piliers de l’humanisme de cour.

[20Les volumes du sieur du Haillan sont peut être une autre édition de ce qui précède. Ils furent très certainement offerts par leur auteur qui échangea des lettres avec la reine.

[21Il est difficile de savoir s’il s’agit d’histoires écrites à l’antiquité ou au XVIe siècle.

[22Le premier livre traite des bandages, le deuxième des fractures, le troisième des luxations avec une apologie touchant les arquebousades, le quatrième des morsures et piqueures venimeuses, le cinquième et dernier des gouttes.

[23Ce livre singulier, paru à Turin et dédié à Louise de Lorraine, illustre le goût de la reine pour la broderie. L’exemplaire de la B.N. est orné des armes de France et de Pologne.

[24Cet ouvrage manuscrit se trouve à la Bibliothèque Nationale sous la côte fr. 1049.

[25Probablement une compilation de plusieurs ouvrages du même Saint Augustin, dont le Psalmus contra partem Donati. Il convient de noter que ces psaumes s’inscrivent dans le cadre des combats théologiques contre une hérésie (ici le Donatisme).

[26Cette hypothèse se base sur l’article “Hugues de Saint Victor” de la Nouvelle Biographie Universelle, op.cit. Hugues de St Victor, ou de Semur, abbé de 1049 à 1109, fut le conseiller le plus écouté de Grégoire VII. L’abbé Chevalier suggère plutôt Pierre le Vénérable, mais sans fournir aucune explication. cf. Abbé Chevalier, Histoire de Chenonceau. Ses artistes, ses fêtes, ses vicissitudes, Lyon, 1868, p.387, note 1.

[27Robert Bacon, franciscain anglais du XIIIe siècle. Toutefois, ni lui, ni ses homonymes du XVIe siècle (Roger & Francis Bacon) n’ont laissé de livre connu sous ce titre.

[28Titre de l’inventaire : De la contemplation de Jota. Pour de plus amples détails, voir un peu plus loin les ouvrages mysticisants antérieurs au XVIe.

[29Nathalie Brette, Louis de Grenade : Un cantique d’oraison et de charité, mémoire de maîtrise, université de Lyon III, 1994, p.178-184. Deux éditions possibles : Rome (1573) et Venise (1582).

[30Frédéric Morel fut lecteur royal d’éloquence grecque et se fit éditeur des Pères de l’Eglise grecque.

[31Le sieur de Lavardin est mieux connu sous le nom de l’abbé de l’Etoile.

[32Trois possibilités se dégagent, mais nous ne pouvons pas privilégier l’une d’entre elles. Le plus incertain cependant serait de voir à cet endroit L’Exposition des évangiles des cinquante-deux dimanches de l’année avec les cinq festes de la Vierge Marie. Ensemble la feste de la dedicasse de l’Eglise. Item les sermons des confesseurs et des vierges. Le tout nouvellement translate de latin en françoys (Paris, Buffet, 1559) de Maurice de Sully. Il devrait par conséquent s’agir ou bien des Sermons, ou Thrésors de la piété de la piété chrestienne, cachez dans les Evangiles des dimanches de l’année du P. Jean Boucher, ou bien des Sermons et exhortations catholiques sur les évangiles des cinquante et deux dimanches de l’année, pour l’instruction du peuple chrestien (Paris, Drobet, 1595), de Denis Peronnet.

[33Jacqueline Boucher, op.cit., p. 232

[34L’inventaire mentionnant quatre livres pour ces Sermons, nous sommes donc là en présence de la traduction de Il Quart libro delle Prediche del reverendissimo Mons. Cornelio Musso…dont l’édition de référence retrouvée à la B.N. remonte à 1580 (3e éd., Napoli, Salviani, 1580).

[35Philippes Du Bec, évêque de Nantes, fervent royaliste, participa aux côtés de son neveu Philippe Duplessis Mornay et de la reine Louise aux négociations avec le duc de Mercœur à Ancenis pendant l’hiver 1594-1595.

[36Jusqu’au XVIe siècle, Ramon Jordan, dit le « Savant Idiot », était placé dans la bibliothèque des Pères, et l’on pensait qu’il avait vécu vers le VIIIe ou le IXe siècle. Cependant, cet abbé de Celles (Gard) semble vivant en 1381, et une partie de ses Contemplations de la Vierge, ou des Idiota emprunte largement à une homélie de saint Bernard de Clairvaux. Le titre de l’édition de 1538 est Contemplations du simple Dévot, lesquelles traitent de l’amour divin, de vraie patience, de la mort, et de la Vierge Marie.

[37Les traducteurs sont Denis Hangart et Jean Gillot.

[38Les Œuvres d’Henri von Berg, alias Suso (ca.1295-1366) se divisent traditionnellement en deux ensembles : le premier, l’Exemplaire, et le deuxième les autres ouvrages, le Grand Livre des Lettres, des Sermons, le Petit Livre de l’Amour, et l’Horologium sapientae. Cf. Henri Suso, Œuvres complètes, trad.& publ. Jeanne Ancelet Hustache, Paris, 1977, 588 p.

[39Au XVIe siècle, ce texte est attribué (faussement) à saint Basile, archevêque de Césarée.

[40Peut être faut-il voir dans cette somme Le Thrésor et abregé de toutes les oeuvres spirituelles du reverend P.F. Loys de Grenade, religieux de l’ordre de Saint Dominique, traduit par Gabriel Chappuys, Lyon, 1592, in 16°.

[41Aucune édition française de ce livre n’est connue avant 1608 ; il s’agit du Traité de l’oraison et méditation. Faict en espagnol par le R.P.F. Louis de Grenade et mis en nostre vulgaire par François de Belleforest, Paris, 1608, in 8°, 496 ff.

[42Il existe deux éditions antérieures, des traductions publiées en 1577 par Nicolas Colin à Reims, et par Paul du Mont à Douai. Cependant nous privilégions l’édition parisienne de 1583 citée par Nathalie Brette.

[43Une traduction du même Nicolas Colin fut disponible à partir de Chambéry dès 1583 ; mais là encore, notre préférence va à l’édition parisienne de 1587 mentionnée par Nathalie Brette.

[44Une partie des Quatrains du s. de Pybrac conseiller du Roy en son conseil privé, contenans precepttes et enseignemens utiles pour la vie de l’homme, de nouveau mis en leur ordre, et augmentez par ledict Seigneur…Avec les plaisirs de la vie rustique, extraicts d’un plus long poème, composé par ledict Seigneur de Pybrac, ( A Lyon, par Benoist Rigaud, 1597, pour l’édition cité) porte le même nom…

[45Un autre auteur produisit vers la même époque un Formulayre…, mais nous lui préférons Arnaud Sorbin, docteur en théologie, et surtout proche de la cour royale.

[46Sur Francesco Panigarole, voir Marc Fumaroli, op.cit., pp. 142-143, 215-216. Ce franciscain était fort connu en France car il fit ses débuts à la cour de Charles IX. Il prêcha aussi à la cour de Henri III où il gagna encore en célébrité. Revenu en France dans les bagages du légat Cajetan, ses prêches à Notre Dame pendant l’apogée de la Ligue l’amenèrent à exhorter la population à refuser Henri IV en 1592. Mais cet initiateur de la rhétorique sacrée de l’entourage de Charles Borromée (le style ‘asianiste’) s’attira les foudres du pape : Paul V lui conseilla d’aller à Paris “altro che cianie” se coudre la bouche, et il dut s’abstenir de parler en public pendant trois ans !

[47Deux éditions portent ce même nom en 1586, celle de Stratius à Lyon et celle de Crevel à Rouen. Autre titre envisageable : Cent sermons sur la passion de N.S. prononcez à Milan par R.P.F.Panigarola, et traduicts en François par Gabriel Chappuys, Paris, Carellat, 1586, in-4°.

[48René Benoist (1521-1608) fut curé de St Eustache.

[49Ouvrage probablement offert par son auteur à la reine Louise lors des négociations d’Ancenis (Hiver 1594-1595) et qui s’attache surtout à démontrer la vérité de Dieu afin de lutter contre l’hérésie absolue, c’est à dire l’athéisme.

[5050] La première édition connue est celle de Bordeaux en 1601. En 1603 est publié La victoire de la vérité contre l’hérésie, par la réfutation de toutes ses erreurs par Pierre Victor Cayet.

[51L’un des deux exemplaires de la B.N. (Ms.fr. 5726) possède une reliure fleurdelisée aux armes de France et de Lorraine et au chiffre de la reine Louise. Les angles des plats sont ornés du monogramme de la reine, composé d’H et de deux lambdas grecs entrelacés, initiales des prénoms de Henri et Louise. Sur une page de garde est inscrit « Henry de France » (la graphie fait penser à celle du roi) mais le livre – manuscrit – est estampillé d’un « Bibliothecae Regiae ».

[52Ce livre a été retrouvé par Mme Boucher dans un catalogue de la bibliothèque du baron J. de Rothschild, op.cit., p.231.

[53Henri Faure, Antoine de Laval et les écrivains bourbonnais de son temps, thèse de doctorat, Moulins, 1870, p.282.

[54M. Litaudon, “Le testament de la reine Louise”, Bulletin de la société d’émulation du Bourbonnais, tome 39, 1936.

[55Il s’agit du célèbre livre d’Heures d’Anne de Bretagne, passé successivement dans les mains des reines de France du XVIe siècle (du moins, dans celles de Claude de France, d’Eléonore de Habsbourg et de Catherine de Médicis).

[56Jacqueline Boucher, op.cit., p.138. Ce manuscrit (B.N., Ms Latin 1116A) aux armes de Louise de Lorraine retranscrit une prière solennelle dite à Chartres lors d’un pèlerinage du couple royal afin de voir bientôt naître un héritier pour la couronne.

[57Alain Cullière, Ecrivains et pouvoir en Lorraine au XVIe siècle, Paris, 1999, p. X.

[58Ibid., p. X.

[59Ibid., p. X.

[60Curieusement, ce livre ne contient pas de dédicace, du moins dans l’édition de Margaret Mac Gowan (New York, 1982) : Toutefois, sa présence dans la bibliothèque de la reine semble difficilement contestable.

[61Jacqueline Boucher, op.cit., p. 230. La B.N. donne le titre latin complet : De Illustrum foeminarum in republica administranda ac ferendis legibus authoritate libellus, opera Jo. Leslaei, Rhemis, Foynaeus, 1580.

[62Ibid., p. 232. Bibliothèque de l’Université de Paris, Ms. 386, fol. 49-55

[63Ibid., p. 246

[64Gilbert Gadoffre, op.cit., p.199-237.

[65Ibid., p.239. Voir aussi Livres du Connétable. La bibliothèque d’Anne de Montmorency. Catalogue par Th. Crépin-Leblond, Paris, 1991.

[66Eliane Viennot, Femmes et Pouvoirs sous l’Ancien Régime, Paris, 1991, p.79.

[67Acta Nuntiaturae Gallicae. Correspondance de Girolano Ragazzoni, publ. P. Blet, Paris-Rome, 1962. “Andai poi a visitare la Regina regnante, et mi spedij molto presto, poiche ella non intende, né parla se non francese, né è partecipe d’alcun negocio.”

[68Antoine Malet, op.cit., IV, 3.

[69Eliane Viennot, op.cit., p.103.

[70Antoine Malet, op.cit., IV, 7.

[71Ilana Zinguer, Misères et grandeurs de la femme au XVIe siècle, Genève-Paris, 1982, p.81-85. Béroalde est d’abord un mathématicien pourvu d’un bénéfice canonial à Tours où il s’installe au début des années 1590 : mais c’est un esprit peu religieux et fort libre. Les Aventures de Floride furent pour la première fois publiées à Tours chez Drobet en 1594.

[72Ibid., p.67-68.