Accueil / Ouvrages / Ghislain Tranié : Louise de Lorraine (1553-1601). / 4.1. Une reine atypique

4.1. Une reine atypique

Ghislain Tranié

Tranié, Ghislain, Louise de Lorraine (1553-1601). L’esprit et la lettre d’une reine de France. Mémoire de maîtrise d’histoire moderne, sous la direction de Denis Crouzet,
I.R.C.O.M./Centre Roland Mousnier, Université de Paris-Sorbonne, 1999-2000.
Publié sur Cour de France.fr le 1er septembre 2010 (http://cour-de-france.fr/article1582.html).

Table des matières

4.1.1. L’idée de la reine de France & l’iconographie de Louise de Lorraine (1575-1589)

Louise de Lorraine, par son mariage, ne devient pas seulement membre de la famille royale et l’une des reines, au même titre que les douairières Catherine de Médicis, Marie Stuart, et Elisabeth d’Autriche ; elle incarne alors – et jusqu’en 1589, voire 1600 – la Reine de France. Pourtant elle n’avait en rien été préparée à une telle élévation, ses prétendants d’avant 1575 étant de rang moindre (François de Luxembourg, le comte de Salm).

Le jugement de Brantôme

Cette assimilation à la reine idéale fut cependant si vive que le bruit courut qu’au moment de sa mort, elle aurait fait placer la couronne de France sur sa tête : mariée à Henri III sans avoir été couronnée, elle représentait donc pour ses contemporains la véritable reine de France. Même si la validité de cette anecdote est fortement contestable, que l’on appréciât ou non la personne, il demeure incontestable que son comportement fût celui d’une souveraine. Le discours que lui consacre par ailleurs le mémorialiste trouve sa pertinence dans la présentation assez dépersonnalisée de ses qualités. Certes l’évocation de son attachement au roi ou de sa grande piété lui est particulière ; mais ces caractères se retrouvent dans plusieurs autres discours traitant des reines de France, notamment dans celui sur Elisabeth – ‘Isabelle’ – d’Autriche.
« On peut et on doit louer cette princesse de beaucoup ; car, en son mariage, elle s’est comportée avec le roy son mary aussi sagement, chastement et loyaument, que le nœud duquel elle fut liée en conjonction avec luy a demeuré toujours si ferme et indissoluble, qu’on ne l’a jamais trouvé deffait ny deslié, encore que le roy son mari aimast et allast bien quelquesfois au change ».
 [1]
« car elle l’aimoit et honoroit extresmement, encore qu’elle le sceust d’amoureuse complexion et qu’il eust des maistresses, fust ou pour l’honneur ou pour le plaisir (…) car c’estoit le feu et l’eau assemblez ensemble, d’autant que le roy estoit prompt, mouvant, bouillant, et elle estoit froide et fort temperée ». [2]
« Elle ne s’addonnoit à autre chose qu’à servir Dieu, aller aux devotions, visiter continuellement les hospitaux, panser les malades, ensevelir les morts ». [3]
« Elle estoit tres devote et nullement bigotte, monstrant ses devotions par actes exterieurs et apparens par trop, ny trop extresmes ». [4]
Brantôme ne connaissant guère la reine, le sentiment qu’il livre à son égard est souvent marqué d’un certain formalisme en rapport avec sa conception de la personne royale et de la femme ; conception finalement assez représentative de son siècle. La comparaison proposée dans le discours sur Louise de Lorraine avec la dernière épouse de Louis XII, Marie Tudor, donne à voir les principaux caractères d’une reine qui est femme avant d’être, le cas échéant, mère : ces qualités sont la piété, la discrétion, une obéissance amoureuse à l’égard du monarque.

Louise de Lorraine selon Nicolas Houël

Plus érudite, mais également plus engagée du côté de la propagande royale, la définition de l’apothicaire de la reine mère a le mérite de rattacher la reine à un référent biblique alors en vogue (Pierre Matthieu composa en 1585 une tragédie du même nom), le Livre d’Esther.
Sonnet
A la Royne de France.
J’ause vous comparer, et non pas sans raison
Madame, avec Hester, cette Royne si sage,
La doulceur et beauté luysant sur son visage
Comme elle luyt au vostre en chacune sayson
Un grand roy l’espousa chassant de sa maison
La superbe Vasti, trop haute de courage.
Un grand Roy vous a prise en chassant l’advantage
Des orgueilleux partis qu’il avoit à foyson.
Hester eut de son Dieu un merveilleux soucy,
Comme aussi vous l’avez ; c’est pourquoi ie vous prie,
Pour agréer à Dieu, de supllier le Roy
Que de la Charité la maison soit bastie
S’il lui plaist secourir le pauvre en son esmoy ». [5]

Assuérus (Xerxès) voulut, au septième jour d’un banquet qu’il avait offert à ses officiers, montrer la beauté de son épouse Vasthi à son peuple. Mais celle-ci refuse de venir, ce qui provoque la colère du roi qui la répudie. Le roi fit rechercher une femme obéissante, « afin que tout mari fût maître chez lui ». [6] Esther, élue entre toutes les vierges amenées à Suse, devint ainsi reine, mais sans avoir révélé ses origines israélites. Lors de persécutions contre son peuple, elle intervint avec succès auprès du roi à la demande de son oncle Mardochée : « Qui sait ? Peut-être est-ce en prévision d’une circonstance comme celle-ci que tu as accédé à la royauté ? ». [7]
Esther, modèle royal, accède à la renommée pour sa piété et son obéissance au roi : Louise de Lorraine se voit invitée à agir de même pour gagner la faveur royale et l’estime de ses sujets. Cependant la gloire ne pouvait s’acquérir que par l’organisation de relais à son image naissante de reine illustre par sa piété. Nicolas Houël fut l’un d’eux, prévoyant par exemple dans le programme pédagogique réservé aux enfants pauvres ou orphelins de la Maison de Charité la récitation de prières à l’attention d’Henri III, de Catherine de Médicis et de Louise de Lorraine :
« Priere pour les Maiestez du Roy, de la Royne sa mere, & de la Royne son espouse, qui se chante par chacun iour sur les huict heures du soir en grande devotion par les pauvres enfans orphelins en la chapelle de la Maison de Charité Chrestienne fondée par leurs dictes Maiestez ès faulxbourgs Sainct-Marcel ». [8]
L’accession providentielle d’Esther à la royauté justifie par ailleurs la réserve qu’elle s’impose, sauf à l’endroit de son époux. Et si elle est souveraine, elle le manifeste par son influence tacite, de même que Louise de Lorraine cherche à gagner la cour à la réforme éthique, bien que certains s’acharnent à ne voir en elle qu’un beau visage, comme le souligne Claude Vicar.
« Car ces rares vertus (familieres en toy)
Que tu as embrassé dès ta premiere enfance
Et ton honnesteté, ta douceur, ta prudence,
Plus que ta grand beauté t’ont faict digne d’un Roy ;
Combien qu’en ceste cour la beauté de ta face
Les plus rares vertus honteusement efface,
Ta foy, ta pieté, qui te decore ainsi ».
L’invocation du corps matériel trouve dans l’expression de sa beauté céleste touche à la vocation de la reine de France : être un objet d’admiration, une image vivante de la sacralité royale, et non se fondre dans des corps communs et soumis aux modes.

La sainteté efficace d’une reine

« […] les images placées aux angles des rues étaient nombreuses, surtout celles de Notre Dame et de saint Nicolas, patron de la Lorraine et de son père. La reine fit multiplier ces images au-devant desquelles des lampes étaient suspendues. Ce fut le premier et le seul éclairage de Paris jusqu’à l’établissement des réverbères ». [9]
La réputation de grande piété de la reine, célébrée par un François de Sales, découle donc d’une double origine auprès du menu peuple parisien. D’une part, son dévouement visible envers les pauvres, les orphelins et les prisonniers fait d’elle une catholique irréprochable, d’autant qu’à l’inverse de son époux, elle ne subit pas les contrecoups des aléas politiques. D’autre part, comme l’indique Edouard Meaume, nécessité et contingence se rencontrent dans la naissance de cette renommée : les pieuses images sont éclairées, et contribuent ainsi à la sécurité des ruelles parisiennes. En 1586, un acte plus solennel renforça assurément sa popularité. En effet elle établit une rente en faveur de deux bacheliers en théologie pour qu’ils assurent la « predication des dimanches et festes annuelles ès prisons de la Conciergerie, du grand et petit Chastelet de Paris ». [10] Les conditions de salubrité dans les prisons étaient fort détestables, et une telle mesure, aussi limitée qu’elle fût, marquait au moins sa compassion, et dut susciter un regain de popularité à son égard.
Dans le Paris effervescent des années 1580, Louise de Lorraine assure certainement bon nombre de ligueurs en gestation ou déclarés dans leur foi et leurs convictions : reine très chrétienne, sa ferveur catholique fournit une caution intéressante pour les Guise. Si en 1588, le duc de Guise de la duchesse de Montpensier deviennent le ‘roi’ et la ‘reine’ de Paris, ils doivent au moins en partie leur popularité à celle de la reine régnante. Car Louise de Lorraine, soucieuse de découvrir les formes de spiritualité les plus avancées, trouve matière à réflexion dans cette même ville, avant de se trouver dépassée par la fureur ligueuse dont il semble qu’elle n’en saisit que fort tard la véritable portée, espérant sans doute quelque temporisation de la part de ses parents lorrains, mais en vain. (acte de 1586 créant deux bénéfices pour deux étudiants en théologie afin qu’ils visitent et soulagent les prisonniers des prisons de Paris).
L’iconographie de Louise de Lorraine
Afin d’approcher d’une manière moins floue et forcément subjective la reine de France telle que Louise de Lorraine semble l’incarner, une présentation sommaire des données iconographiques à son égard s’impose, malgré le peu de sources conservées. Les représentations iconographiques de la reine régnante peuvent se regrouper selon deux entrées : la thématique des fastes royaux avec les tapisseries des Valois, les festivités pour les noces du duc de Joyeuse en septembre-octobre 1581, et quelques crayons ; la thématique pénitentielle et processionnelle. En fait, l’ensemble des représentations figurées – voire implicites – de la reine s’inscrivent en profondeur dans une perspective de dévoilement de la personne royale, plus que de Louise de Lorraine elle-même. En effet, lors des noces de Joyeuse, sa participation à la danse aux côtés de l’archimignon dans le tableau du Louvre traduit la faveur que la reine accorde au mariage, bien que la princesse d’origine lorraine ait dans un premier temps manifesté son dépit, regrettant que sa sœur n’épousât pas quelque prince de meilleure maison. La procession vers la Maison de Charité montre à tous l’assentiment royal à l’entreprise de Houël, dans la lignée du projet de réforme religieuse et royale qui tenait à cœur au roi. Quant à l’espérance de l’enfantement, elle se présente sous la forme de la participation de la reine à une procession en costume de pénitent. Lorsqu’elle offre le blason du dauphin en guise de clôture du ballet comique, le procédé diffère, mais l’intention reste la même et toujours spectaculaire. Et l’action procède là aussi de l’assentiment du roi : la reine existe d’une manière autonome, mais non point indépendante.
Ut pictura poesis. Quelle que soit la matière ou bien le sujet, la représentation de Louise de Lorraine est celle de la reine de France au XVIe siècle, dont le meilleur modèle est le portrait d’Elisabeth d’Autriche par François Clouet. Louise de Lorraine est un autre joyau vivant de la couronne, paré de mille atours, incarnation de la magnificence royale, mais sa tête semble seulement posée sur un vêtement dont elle ne serait qu’une dépositaire temporaire.

4.1.2. Le couple royal : un anti-modèle de la monarchie française ?

Loyse, Henri, et leurs épithalames

Quatre épithalames au moins vinrent célébrer les noces d’Henri III et de Louise de Lorraine. Leurs auteurs dépendaient des deux cours de France et de Lorraine : Jean de La Jessée, François du Tertre et Jacques de Vintimille étaient au service des Valois, alors que Noël Gillet – déjà connu pour ses louanges poétiques adressées à Nicolas de Lorraine – était chanoine en la collégiale Saint Pierre de Mézières. Ce dernier, pourtant auteur de strophes à la louange de mademoiselle de Vaudémont, compose un épithalame assez conforme aux usages et ne concentre pas de manière explicite son discours sur la nouvelle reine. Seule la première strophe se démarque nettement de l’ensemble :
« Nymphes, qui suivez le bor
De la Meuze fortunée,
Chantez d’une bouche d’or
La princesse coronnée,
Que vous avez autre fois
D’une langue naturelle
Asseurée la plus belle
Que vit oncques le Gaulois ». [11]
Jean de La Jessée par contre s’attarde sur la physionomie de la princesse qu’il découvre à peine :
« Ce crespe d’or, ces joües si vermeilles,
Ce sein mignard où les Graces pareilles
Font leur sejour, et tant de raritez
Qu’on peut nommer Paradis des beautez,
Vray Paradis de cent beautez decloses,
Te fourniront un renouveau de roses ». [12]
Jacqueline Boucher note que le poète passe ensuite à une autre étape de son discours, qui chez Noël Gillet occupe la moitié de la composition. Car le premier devoir, et la première justification de l’idée de la reine dans un royaume où les femmes sont exclues du trône, réside dans la procréation d’un dauphin. Toutes les pensées de Louise de Lorraine doivent alors se concentrer sur ce rôle, qui explique ainsi sa relative absence jusqu’en 1589.
« Il ne faut pas que ton laurier
A ceste Daphné resemble,
Qui s’enfuiant en arrier’
Fut arbre & sterile ensemble :
Ains que s’eschauffant au feu
Que ton epouse respire,
Troche un sage Dauphin, Sire,
Pour succeder en ton lieu ». [13]
L’épithalame de François du Tertre est assurément le plus original et le plus marqué du sceau de l’érudition symbolique. Le retour et le mariage triomphants du nouveau roi, vainqueur des hérétiques, sont le signe d’une ère nouvelle que le poète présente sous la forme d’une parabole où les dieux de l’Olympe conduits par Henri-Mars s’en vont battre les Turcs et, la paix revenue, voient les muses et les grâces élire la Seine et la bien nommée île de France pour y restaurer un âge d’or. Louise de Lorraine n’apparaît dans le discours poétique que fort rarement, sous la forme d’une « pucelle » héritière de la « noble déesse » blessée par les Turcs : la reine de France se montre dans une position paradoxale essentielle puisqu’elle est à la fois la compagne de l’époux mystique du royaume, et la carnation temporaire de ce royaume, alors que son ascendance devrait empêcher une telle métaphore. L’éternel féminin de la reine, ou plutôt la célébration de sa beauté de femme serait donc le blason du royaume dans sa dimension immatérielle et rêvée dans la perspective de François du Tertre.
« Heureuse la pucelle,
Heureuse vraiment celle
Qui le Roy des Gaulois
Seul homme peult faire cognoistre
D’hymenée les lois.
O heureuse iournée
Hymen ô hymenée.

Lors la noble deesse
Sa mere & sa maistresse
Fist borner sa chanson,
Attendant qu’à sa France
La Royne sans souffrance
Produit un nourrisson.

Elle eut dit & aux nues
Soudain sont apparues
Ses colombes voler,
Ses troppes ennegées
Deux à deux arrangées
La guinder parmi l’aer ». [14]

Un couple surprenant
« Ie m’en rapporte au cueur, de toutt’honeste Dame,
Dont l’humeur sympathic, & l’amour coniugal,
Peut cherir son espoux, d’un zelle aussi loyal,
D’aussi chaste amityé d’amour aussy extreme,
Que celle d’où LOYSE aymoit son HENRY mesme ». [15]
Bien que Louise de Lorraine ne réservât le sentiment de son for intérieur dans ses lettres qu’à des personnes de confiance, l’amoureuse complexion du roi et de la reine fut rapidement connue de leurs sujets. Jacqueline Boucher montre l’évolution de leurs rapports personnels, fondée sur les agissements politiques de la reine, les éclipses d’Henri III et finalement ses remords de chrétien, de roi et d’époux. Pourtant l’image d’une heureuse concorde entre les époux devient un lieu commun, repris dès 1590 par Loys Papon. Mais cet « amour coniugal » ne fut guère considéré comme provenant de la bonne volonté du roi, mais de celle de la reine.
« Dedans ce chiffre est le nom de Henri
Au vôtre uni d’amoureuse sorte
Votre cœur par une amitié forte
De tant de lacs enlace un tel mari
Auprès de soi, que même la mort blême
Ne peut dompter un amour si extrême ». [16]
Amadys Jamyn dédia ces vers à la reine peu de temps après son mariage. La vivacité de l’amour de celle-ci pour le roi avait en effet surpris la cour, si bien que le bruit du culte d’adoration que Louise de Lorraine vouait à son époux se répandit rapidement à travers Paris et le royaume. Au-delà du sincère amour qu’elle porta à son époux, Louise de Lorraine ne s’est jamais vraiment remise de la surprise de son mariage. Pierre Chevallier définit sans s’y attarder ce ‘choc’ comme la réalisation d’un conte de fées [17][17]. Car mademoiselle de Vaudémont apprit la nouvelle de la bouche de sa marâtre qui jusque là, l’avait ignorée superbement. La jeune princesse crut d’ailleurs d’abord que Catherine d’Aumale se jouait d’elle, mais elle fut bien vite rassurée par son père. Et quelques jours plus tard, n’ayant pu prendre du recul face à l’événement, elle rencontrait Henri III, lui manifestant déjà une gratitude et un amour si empressé qu’il fut vite connu de tous.
L’admiration devait cependant susciter la jalousie : ce n’était pas tant le sentiment de la reine qui gênait, mais l’influence qu’elle pourrait avoir sur son époux. Catherine de Médicis, avant de devenir l’une des meilleures alliées de sa bru, préféra dans un premier temps faire renvoyer les suivantes lorraines de la reine. Sa piété lui fut surtout reprochée, car elle désirait tenir fermement sa Maison. Un jour, une de ses dames lui conseilla de prendre un amant puisque le roi avait une maîtresse : elle prit fort mal ce conseil et chassa l’impudente.
« Je sçay qu’une fois une dame de ses plus privées fut un jour si presomptueuse de luy remonstrer, en riant et gaudissant, que, puisqu’elle ne pouvoit avoir enfans du roy, ni n’en auroit jamais, (…), qu’elle feroit bien d’emprunter quelque aide, tiltre et secte pour s’en faire avoir, afin qu’elle ne demeurast pas sans autorité, si le cas advenoit que le roy vint à mourir ». [18]
Plus insidieuse et spectaculaire fut la machination ourdie par François d’Espinay de Saint-Luc et sa femme Jeanne de Brissac, dame de la reine. Cette dernière excita la jalousie de la reine en lui confiant les infidélités de son époux, et son époux profita de la nuit pour s’introduire, léger et court vêtu dans la chambre de la reine. Laquelle, paniquée, cria si fort que la cour en fut réveillée : de favori qu’il était, Saint-Luc devint quelques temps la bête noire d’Henri III. [19][19] Toutes ces tentatives n’eurent pour effet que de renforcer les liens unissant le couple royal. Mais leur ampleur fut cependant inquiétante. L’affaire de Saint-Luc avait pris des proportions d’affaire d’Etat, et certains crurent qu’elle intervenait pour reprendre les guerres de religion.

Notes

[1Brantôme, Œuvres complètes du seigneur de Brantôme. Dames illustres françaises et étrangères, Paris, 1823, « Louise de Lorraine », p.334.

[2Ibid., « Isabelle d’Autriche », p.296.

[3Ibid., « Louise de Lorraine », p.338.

[4Ibid., « Isabelle d’Autriche », p.293-294.

[5Nicolas Houel, Advertissement…, op.cit., Paris, 1580, non paginé.

[6Est.1, 22.

[7Est.4, 16.

[8Ibid.

[9[9] Edouard Meaume, op.cit., p.56.

[10[10] Antoine Malet, op.cit., VI, 13 bis.

[11[11] Noël Gillet, Epithalame et chant nuptial sur la nopce du Tres Chrestien Roy de France et de Pologne, Henry troisiesme de ce nom & de Loïse de Lorraine. A la Royne, Lyon, Ioue & Pilleholle, 1575, strophe 1.

[12[12] Cité in Jacqueline Boucher, op.cit., p.40.

[13[13] Ibid., strophe 10.

[14François du Tertre, Epithalame sur le mariage du Roy & tres noble & tres excellente princesse Loyse de Lorraine. Par F.R. Parisien, Lyon, Rigaud, 1575.

[15Loys Papon, op.cit., v.618-622.

[16Vers d’Amadys Jamyn cités in Pierre Chevallier, Henri III. Un roi shakespearien, Paris, 1985, p.449.

[17Ibid., p.281-283.

[18Brantôme, op.cit., p.337.

[19Jacqueline Boucher, op.cit., p.130-131.