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Officiers « moyens » et monarchie absolue : un conflit à Limoges au XVIIe siècle

Vincent Meyzie

Vincent Meyzie « Officiers "moyens" et monarchie absolue : un conflit à Limoges au XVIIe siècle », Revue d’histoire moderne et contemporaine 3/2006 (no 53-3), p. 29-60.

Extrait de l’article

Dans un mémoire de la fin du XVIIe siècle, l’intendant de la généralité de Limoges présente sa version personnelle des démêlés de Jean-Baptiste de Vincent, lieutenant général du présidial limougeaud, avec les notables de la ville : [...]. Par cette présentation, l’intendant esquisse les enjeux essentiels d’un conflit complexe, durable et protéiforme, entre le principal magistrat du tribunal royal et les élites officières et urbaines de la capitale du Limousin. En narrant cette contestation, qualifiée désormais d’affaire de Vincent, en indiquant les divers motifs de l’« aversion » persistante envers le nouveau juge et en évoquant les différents « ligués » à l’origine de la confrontation, la description du commissaire du roi montre tout d’abord un double affrontement, entre le lieutenant général et les autres officiers « moyens » du présidial d’une part, entre le magistrat et les principaux notables de la ville d’autre part. Elle révèle ensuite une profonde contestation de la position sociale et institutionnelle de Jean-Baptiste de Vincent, porteur à la fois d’une identité robine comme membre éminent d’une compagnie judiciaire, mais aussi atypique et plurielle comme étranger à la cité et intégré à la monarchie administrative. Elle s’inscrit enfin dans le contexte du renforcement de la pression financière et politique du pouvoir royal sur les élites officières, municipales et urbaines lors de la guerre de la Ligue d’Augsbourg de 1689 à 1697.

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