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L’interprétation de l’empire ottonien

Robert Folz

Folz, Robert, L’interprétation de l’empire ottonien. In : Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur public, 9e congrès, Dijon, 1978, Occident et Orient au Xe siècle, pp. 5-22.

Extrait du texte


I - L’héritage carolingien

L’époque carolingienne transmit au Xe siècle une conception complexe de l’Empire. Il faut, pour la saisir, partir de la définition que donna de l’empereur un traité sur les fonctions publiques datant du VIIIe siècle. « Est empereur celui qui exerce la prépondérance dans le monde », puissance universelle par conséquent, d’un rang supérieur à celui des rois ; l’empereur ne commande pas ceux-ci ; praecellit in mundo. Cette conception, originairement détachée de tout lien avec l’Empire romain, illustrerait bien la situation où se trouvait Charlemagne à la veille de l’an 800, à condition de réduire le "mundus" à l’Occident.
L’idée progressa au cours du IXe siècle sur deux voies différentes.

A) D’une part, le couronnement de Charlemagne par le pape Léon III rétablit le lien de l’idée impériale avec l’Empire romain, mais aux dépens de la pleine autonomie du pouvoir impérial, puisqu’à partir de 823, à partir de 850 surtout, il est admis que pour porter le titre d’empereur il faut avoir été couronné à Rome par le pape. D’autre part, sous l’influence de certains pontifes, Nicolas 1er et surtout Jean VIII, l’Empire tend à devenir un office dans l’Église

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