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Saint-Simon au cabinet noir, ou le secret mal gardé d’une lettre au cadinal Gualterio (juin 1721)

Yves Coirault

Yves Coirault, Saint-Simon au cabinet noir, ou le secret mal gardé d’une lettre au cadinal Gualterio (juin 1721), dans Revue d’histoire littéraire de la France, année 69 (1969), n. 2, pp. 203-208.

Extrait de l’article

« Du commerce fréquent nous vînmes à l’amitié et à la confiance, qui a duré entre nous jusqu’à sa mort, avec un commerce réglé de lettres toutes les semaines depuis son départ, et presque toujours en chiffre ». Nonce depuis 17002, Gualterio quitta la France en octobre 1706 ; et si l’on en juge par ce passage des Mémoires, ce serait plus de mille lettres que Saint-Simon aurait écrites à l’adresse du prélat (mort en avril 1728). Malheureusement, la plupart de ces lettres ne nous sont pas parvenues, soit que leur destinataire les eût lui-même détruites, soit que les héritiers du cardinal eussent obéi aux prescriptions de Saint-Simon, lequel recommandait « ou de les brusler, ou de les ensevelir dans un éternel oubli, mais un oubli seur et certain ». La perte d’une telle correspondance apparaît d’autant plus regrettable que les quatorze lettres jusqu’ici retrouvées révèlent un Saint-Simon fort « au naturel », se livrant de confiance (sous le couvert du chiffre) à l’ami lointain — et à un membre de la curie admirablement placé pour l’informer de toutes choses.

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