Accueil / Actualités et liens utiles / Parutions / Epreuves de noblesse. Les expériences nobiliaires

Epreuves de noblesse. Les expériences nobiliaires de la haute robe parisienne (XVIe-XVIIIe siècle)

Robert Descimon, Elie Haddad (éd.)

Robert Descimon et Elie Haddad (textes réunis par), Epreuves de noblesse. Les expériences nobiliaires de la haute robe parisienne (XVIe-XVIIIe siècle), Paris, Les Belles Lettres, 2010, 459 p.

À travers la noblesse de robe de Paris à l’époque moderne, c’est l’ensemble des noblesses que ce livre essaie d’éclairer. La noblesse n’est pas une donnée naturelle, elle est une construction sociale plurielle dont les matériaux sont les seigneuries, les offices, le prestige immatériel qui naît de l’exercice ancien de l’autorité et de la puissance. C’est pourquoi la noblesse est avant tout affaire de transmission. Cette transmission n’est pas non plus une opération naturelle : elle est faite d’une suite d’épreuves permanentes pour les lignages.
Ce livre alterne les analyses générales (sur l’économie politique de l’office anoblissant et les changements induits par la vénalité dans l’ordre coutumier des propriétés, sur la fusion des noblesses au XVIIIe siècle, etc.) et les études de cas (Hurault de L’Hospital, les Mesgrigny, les Pommereu, les Bragelongne, les Spifame). Ces études éclairent les mécanismes et les coûts de la transmission, de l’anoblissement, de la constitution des familles en lignages et des pratiques généalogiques. Une proposition qu’on espère nouvelle ressort de ce travail : l’intégration des structures de parenté domaniales (qui créaient la solidité des détenteurs de châteaux, de charges et de pouvoirs seigneuriaux au Moyen Âge) en une classe nobiliaire (le second ordre) ne se réalisa qu’au XVIIe siècle, et ce furent les expériences nobiliaires de la robe qui la rendirent possible.

Table des matières

Introduction. La robe comme observatoire des évolutions de la noblesse

Première partie.
La patrimonialisation de l’office Économie politique de l’office vénal anoblissant (Martine Bennini et Robert Descimon)
La construction juridique d’un système patrimonial de l’office. Une affaire de patrilignage et de genre (Robert Descimon et Simone Geoffroy-Poisson)
La réforme Maupeou, un révélateur de la question officière (1771-1774) (Éric Viguier et Mathieu Marraud)

Deuxième partie.
Les fragilités de la reproduction familiale
La réconciliation manquée des Spifame : domination, transgression, reconversion (XVIe-XVIIe siècle) (Robert Descimon, Élodie Milles, Pavel Ouvarov)
Succéder par raccroc. La résistible perpétuation des Hurault de L’Hospital (Patrice Alex)
Le mari violent et la femme insoumise : entre conflit d’intérêts et théâtralité des genres, le procès Pommereu (Claire Chatelain)

Troisième partie.
Les enjeux des pratiques généalogiques
« L’audace » de la généalogie des Bragelongne (Martine Bennini)
Une contre-généalogie imaginaire : l’« énigme » Geneviève Lesueur et le destin social des Sublet de Noyers (Camille Le Fauconnier et Élie Haddad)

Quatrième partie.
La difficile intégration des noblesses Les Mesgrigny ou le coût social et moral des prétentions à l’épée (Élie Haddad)
Le prix de la robe : coûts et conséquences du passage à l’office dans la marchandise parisienne, v. 1680-v. 1750 (Nicolas Lyon-Caen et Mathieu Marraud)
La robe et le Marais dans l’ombre des Lumières aristocratiques (Laurence Croq)

Conclusion.
Nobles de lignage et noblesse de service.
Sociogenèses comparées de l’épée et de la robe (XVe-XVIIIe siècle)

Chronologie
Index des noms propres
Index des notions