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Les frontières de la Renaissance

Jean Guillaume

Guillaume, Jean, "Les frontières de la Renaissance", dans Repenser les limites : l’architecture à travers l’espace, le temps et les disciplines. Actes de colloque, Paris, INHA, 2005.

Extrait du texte

Quel sens donner aux limites territoriales dans l’étude de l’architecture de la Renaissance ? Beaucoup d’historiens, parmi les plus grands, n’en ont eu qu’une perception négative : persuadés qu’il n’y a qu’une Renaissance, italienne, qui se diffuse plus ou moins vite en Europe, ils ont interprété les différences entre les régions comme une dégradation progressive des « modèles de référence », explicable par les « survivances gothiques ». À cette vision simpliste s’en est opposée une autre, aussi naïve, qui exaltait le « génie national », minimisait ou dénonçait les « influences étrangères ».

Notre génération a voulu échapper à ce faux débat et à ces conceptions idéalistes ou passionnelles. Elle n’a pas formulé de « théorie », mais introduit simplement de nouvelles exigences. L’analyse des œuvres, devenue plus précise, a révélé l’originalité des créations « périphériques » et donné un nouveau sens, positif, à l’écart qui les sépare de leurs modèles. En même temps, une meilleure connaissance de l’architecture européenne a favorisé une approche comparatiste. Deux progrès liés, car on ne perçoit bien les singularités d’une culture qu’en la confrontant à d’autres, en l’observant d’au-delà des frontières.

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