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L’Assemblée constituante (1789-1791) face au pouvoir royal : entre radicalité et modération

Sylvia Pereira

Pereira, Sylvia, "L’Assemblée constituante (1789-1791) face au pouvoir royal : entre radicalité et modération", dans J. Garrigues et al. (dir.), Assemblées et parlements dans le monde, du Moyen-Age à nos jours. Actes du 57e congrès de la CIHAE, Paris, 2006.

Extrait du texte

L’échauffement des esprits au cours des premières semaines de
la réunion des États généraux, en 1789, a entraîné une radicalisation
évidente des positions défendues jusqu’alors par ceux qui allaient
devenir députés. Les futurs « patriotes » n’étaient pas initialement
révolutionnaires, ils ne le sont devenus qu’à la faveur des événements
et de l’air du temps, comme l’a déjà souligné Timothy Tackett. C’est
ainsi que certains, comme Barnave, taisent leurs anciennes positions
perçues désormais comme excessivement modérées – le bicamérisme
– et que d’autres, comme Mounier, se trouvent rapidement dépassés
par une majorité devenue soudain radicale. Le « problème » du roi fait
partie de ces questions épineuses qui, dès l’été 1789, glissent vers la
radicalité. Pourtant, cette radicalité des principes posés ne semble pas
être parfaitement admise par les Constituants, qui n’osent pas tirer
toutes les conséquences logiques qui devraient en découler. C’est sans
doute cette alliance étrange de radicalité et de modération qui crée
l’ambiguïté fondamentale de la Constitution de 1791 : en affirmant
que la souveraineté appartenait de manière indivisible à la nation, on
détruisait la fonction royale… tout en voulant conserver l’illusion
qu’elle était la clef de voûte du système.

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