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Un père et ses enfants au XVIIIe siècle : lettres de Jean-Baptiste Carpentier, 1768-1787

Philippe Marchand

Marchand, Philippe, "Un père et ses enfants au XVIIIe siècle : lettres de Jean-Baptiste Carpentier, 1768-1787", dans Lias, vol. 23, 1996.

Extrait du texte

Avec une forte conviction mais sans se fonder sur une enquête sérieuse, E. Badinter
écrivait en 1980 : “Quand on regarde les trois actes de l’éducation (mise en nourrice,
gouvernante ou précepteur et départ au collège), on ne peut pas ne pas voir l’idée
directrice qui y préside : “comment s’en débarasser en gardant la tête haute”. Tel est le
souci majeur des parents, car en ce domaine, la mère ne se distingue aucunement du
père”. En un mot donc, pères et mères du XVIIIe siècle seraient totalement indifférents
à leurs enfants et ignoreraient leur rôle éducatif. Un article pionnier de M.Garden publié
en 1969 avait pourtant déjà montré que l’envoi d’un enfant au pensionnat ne signifiait
nullement une quelconque volonté de s’en débarrasser mais correspondait à l’attrait chez
les notables pour un nouveau modèle éducatif qui s’impose pendant la seconde moitié du
XVIIIe siècle. R. Chartier, M.-M. Compère et D. Julia reprenaient cette problématique
en 1976. Elle devait être illustrée à travers plusieurs études de cas par D. Julia, Ph.
Marchand publiées dans les années 1985 faisant définitivement litière des propos d’ E. Badinter assimilant mise au pensionnat et rejet de l’enfant hors de la cellule familiale. Les
documents sont là nombreux pour montrer que cette séparation s’inscrivait dans un projet
éducatif précis qui voyait pères et mères exprimer des désirs précis quant au contenu des
études de leurs enfants, s’inquiéter de leurs progrès intellectuels, de leur santé et surtout
de leurs réactions à l’éloignement de la maison familiale.

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