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Fouilles archéologiques de la Grille royale du château de Versailles (2006)

Annick Heitzmann, Justine Vorenger, Julien Reuillot

Annick Heitzmann, Justine Vorenger et Julien Treuillot, « Fouilles archéologiques de la Grille royale du château de Versailles (2006) », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles [En ligne], Articles et études, mis en ligne le 07 mars 2011, consulté le 14 novembre 2011. URL : http://crcv.revues.org/10941 ; DOI : 10.4000/crcv.10941

Résumé

En amont de la restitution de la Grille royale du château de Versailles, réalisée en 2006, un chantier archéologique a été entrepris afin de mettre au jour les fondations de la grille de Jules Hardouin-Mansart, qui devaient servir d’assise à la nouvelle grille. Au cours de ce chantier ont aussi été découvertes les substructures de l’aménagement antérieur de la clôture de la cour du château, œuvre de Louis Le Vau, et notamment l’un des fossés encadrant la grille centrale. Le fond de ce fossé s’est révélé très riche en mobilier archéologique daté des années 1664 à 1679, dans lequel se trouvaient des restes fauniques, composés de 48 % de mammifères, 30 % de poissons, 9 % d’oiseaux, 8 % de batraciens et 5 % de petits mammifères. Les mammifères étaient surtout représentés par le porc, le mouton et le bœuf, mais il a été aussi trouvé les restes d’un chien, d’un chat (animaux morts jetés dans le fossé) et d’un renard (peut-être attiré, comme les rongeurs, par les charognes de la fosse). Sur les os des gros mammifères ont été observées des traces de découpe, qui montrent que les carcasses arrivaient sur le site entières ou en quartiers, et étaient débitées sur place. Les poissons sont des poissons d’eau douce, péchés à proximité, ou des poissons marins. La présence des batraciens s’explique par leur consommation ou par l’humidité de la fosse. Aucun os d’animal sauvage n’est attesté : rien ne prouve donc la consommation de gibier. La faune représentée dans le fossé nord de Le Vau est donc essentiellement d’origine alimentaire et relève d’une alimentation ordinaire, en grande majorité carnée. Cette nourriture a probablement été consommée par les gardes, basés à proximité, et il faut bien admettre que les fossés ont servi de dépotoir, malgré leur position centrale.

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