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Descartes à la lettre : poétique épistolaire et philosophie mondaine chez Mme de Sévigné

Delphine Reguig-Naya

Delphine Reguig-Naya, « Descartes à la lettre : poétique épistolaire et philosophie mondaine chez Mme de Sévigné », Dix-septième siècle 3/2002 (n° 216), p. 511-525.

Extrait de l’article

L’échange épistolaire que Descartes, vers la fin de sa vie, entretint avec des correspondantes illustres, Élisabeth de Bohême et Christine de Suède est célèbre pour sa densité philosophique et pour sa fécondité intellectuelle. Les Principes de la Philosophie sont ainsi dédiés à la princesse palatine qui a également suscité en partie Les Passions de l’âme tandis que le philosophe accepta d’aller vivre « au pays des ours, entre des rochers et des glaces » pour les qualités de la reine de Suède possédant « toute seule plus de savoir, plus d’intelligence et plus de raison, que tous les doctes des cloîtres et des collèges que la fertilité des pays où [il a] vécu a produits ». Autant ces échanges suscitent et enrichissent la réflexion philosophique, autant la réflexion philosophique habite et soutient un autre commerce épistolaire plus tard dans le siècle. Car l’auteur des Méditations métaphysiques est également le maître posthume d’une autre élève tout aussi attentive, Mme de Grignan, et les références à sa personne et à son système émaillent une autre correspondance féminine consacrée pour sa profondeur affective et ses qualités esthétiques : celle qu’échangent Mme de Sévigné et sa fille.

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