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Une pratique italienne du XVIIIe siècle : le sigisbée

Roberto Bizzocchi

Roberto Bizzocchi « Une pratique italienne du XVIIIe siècle : le sigisbée », Revue d’histoire moderne et contemporaine 2/2007 (n° 54-2), p. 7-31.

Extrait de l’article

Dans l’Italie moderne, le sigisbée, c’est-à-dire le chevalier ou plus exactement le cavalier servant, est un homme, marié ou célibataire, qui accompagne en société, mais souvent aussi dans des sorties plus privées, une femme mariée à un autre homme. Cet usage, qui se rencontre surtout dans la noblesse au XVIIIe siècle, est l’objet d’une virulente critique dans le Giorno de Giuseppe Parini, en 1764. On trouvera un tableau moins polémique et moins satirique de la familiarité qu’entretient le sigisbée avec sa dame en se reportant à l’inventaire de ses devoirs, rédigé par un voyageur français, Joseph-Jérôme de Lalande, qui se trouve dans la péninsule dans les années 1765-1766 et dont le livre devient vite une sorte de guide reconnu du voyage en Italie :

« Le cavalier est obligé d’aller, dès le matin, entretenir sa dame :il reste dans le salon jusqu’à ce qu’elle soit visible ; il sert à sa toilette ; il la mène à la messe, et l’entretient, ou fait sa partie jusqu’au dîner. Il revient aussitôt après, assiste à sa toilette, la mène aux quarante-heures, et ensuite à la conversation, et la ramène chez elle à l’heure du souper »

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