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L’idée de guerre à la fin du Moyen Âge : aspects juridiques et éthiques

Philippe Contamine

Contamine, Philippe, L’idée de guerre à la fin du Moyen Âge : aspects juridiques et éthiques, dans Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 123e année, n° 1, 1979. pp. 70-86.

Extrait de l’article

Plus peut-être que n’importe quelle autre activité humaine, la guerre, de par sa nature propre, emporte avec elle, dans toute société où elle se situe, un ensemble, souvent complexe et rarement univoque, de conditions juridiques et éthiques. Ce n’est pas nécessairement faire preuve d’idéalisme ni d’irréalisme que de soutenir qu’elle n’est presque jamais voulue ni sentie ni pensée comme violence pure et illimitée, à l’état brut, élémentaire. Elle se trouve pour ainsi dire enveloppée (masquée aussi) par tout un appareil conceptuel ressortissant à la coutume, au droit, à la morale, à la religion — appareil destiné, dans son principe, à l’apprivoiser, à l’orienter, à la canaliser. En un mot, la guerre est un phénomène culturel. L’idée que s’en fait une époque ou une société donnée retentit de façon plus ou moins visible sur son surgissement, son déroulement, sa conduite. La guerre offre l’occasion à l’historien ou au sociologue d’étudier les rapports entre réalité et norme, entre pratique et éthique, entre fait et droit.

Mon propos, qui ne porte ici que sur la fin du Moyen Âge, spécialement dans les domaines anglais et français, se divisera en trois parties :
1) Dans quelle mesure la guerre est-elle toujours considérée comme un jugement de Dieu ?
2) Y a-t-il des survivances aux notions de paix et de trêve de Dieu ?
3) Que devient le concept de guerre juste, tel que l’ont défini les théologiens et les canonistes des siècles antérieurs ?

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