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Qu’est-ce que le rococo ? Essai de définition comparatiste

Jean Weisgerber

Weisgerber, Jean, "Qu’est-ce que le rococo ? Essai de définition comparatiste", dans MORTIER Roland, HASQUIN Hervé, eds. : "Rocaille, rococo" in Etudes sur le XVIIIè siècle, Volume XVIII, Editions de l’Université de Bruxelles, 1991.

Extrait de l’article

On est loin de s’être mis d’accord sur la signification du rococo, voire sur sa présence dans l’histoire de l’art et, surtout, dans la littérature européenne. C’est ce qu’indique déjà la diffusion du terme, emprunté comme tant d’autres­ - baroque, impressionnisme, Jugendstil - à la peinture, puis annexé par la musique et les lettres, et apparu après coup du reste, pareil à une médaille (ou un stigmate) à titre posthume. Delécluze, parlant en 1855 de l’atelier de David, rattache le mot à l’argot des rapins en 1796-97 ; selon d’autres, il remonterait à 1755. Issu peut-être de la contamination de "rocaille" par "bar occo", il se confond tantôt avec le premier, tantôt avec les vocables "Régence", "Pompadour", "Louis XV", non sans les doter d’une nuance péjorative, courante en français dans la langue familière, à côté de la dénomination, objective et savante, qui renvoie à une période ou à un style. Stendhal (Promenades dans Rome) trouve le mot "bas", "vulgaire", tout en attribuant la paternité "de ce mauvais goût" au Bernin. Après 1830, le terme se répand en anglais et, plus encore, en allemand...

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