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Le principe de souveraineté à l’épreuve. Raison du prince et hostilité catholique à la Compagnie de Jésus en France, de l’assassinat d’Henri IV aux États Généraux de 1614-1615

Sylvio de Franceschi

Franceschi, Sylvio de, "Le principe de souveraineté à l’épreuve. Raison du prince et hostilité catholique à la Compagnie de Jésus en France, de l’assassinat d’Henri IV aux États Généraux de 1614-1615", dans Europa Moderna, n° 2, 2001.

Extrait de l’article

Du début des dramatiques conflits religieux issus de la consolidation du protestantisme dans le royaume au ministériat chaotique de Richelieu, la France a enduré la douloureuse gestation du régime absolutiste — phase nécessaire, et vivement ressentie, de pré-absolutisme, de quoi l’autorité monarchique devait acquérir le plein bénéfice au temps du règne personnel de Louis XIV. De ce qu’il en est historiquement de la modernité en politique, les interprétations sont nombreuses. Pour sa part, le philosophe Gérard Mairet a soutenu que la politique moderne avait procédé de la progressive émergence d’une nouvelle règle de domination civile, soit le principe de souveraineté, par quoi « la politique s’ordonne dès le XVIe siècle sur un fondement profane dont l’État historique est l’organisation ». À en croire Gérard Mairet, le principe de souveraineté est condition principielle de la modernité politique ; il crée la puissance séculière moderne en ramenant irrésistiblement « la liberté des hommes à la responsabilité des hommes eux-mêmes, et cela sans qu’aucune exception essentielle ne puisse être faite » ; il autorise en définitive l’individuation de peuples qui construisent ensuite leur identité à travers l’État, nouvelle incarnation abstraite de l’« être commun ». L’évolution retracée est éloquente : indéniablement présente, mais seulement de manière latente, chez Machiavel, la doctrine du principe de souveraineté apparaît clairement, et pour la première fois, chez Jean Bodin ; elle est un legs du temps des guerres de Religion, à partir de quoi peut s’instaurer, au tournant des XVIe et XVIIe siècles, l’État moderne, phénomène qui manifeste l’alignement des pratiques de gouvernement sur les évidentes conséquences d’une théorie désormais largement diffusée.

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