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Le vœu de Charles VI. Essai sur la dévotion des rois de France aux XIIIe et XIVe siècles

Bernard Guenée

Guenée, Bernard, "Le vœu de Charles VI, Essai sur la dévotion des rois de France aux XIIIe et XIVe siècles", dans Journal des savants, 1996, n° 1, pp. 67-135.

Extrait de l’article

Le 5 août 1392, à la sortie du Mans, le roi Charles VI sombra pour la première fois dans la folie. C’est seulement trois jours après, nous dit le Religieux de Saint-Denis, qu’il retrouva l’usage de la raison. Alors, il se confessa, assista à la messe, communia, et, ajoute Michel Pintoin, « il fit un vœu à sainte Marie et à saint Denis. Il promit d’aller visiter leurs églises lorsqu’il aurait recouvré la santé ».
Le vœu à saint Denis n’a rien pour surprendre. L’historien dionysien parle parfois du « glorieux martyr », du « premier évêque de Paris », de l’« apôtre de la Gaule » ou « de la France ». Mais toute occasion lui est bonne pour rappeler que saint Denis est « Franciae peculiaris patronus », le « patron particulier de la France ». Une fois même, mais une seule fois, justement à propos du vœu de 1392, Michel Pintoin rappelle que saint Denis est le « patron particulier » du roi Charles, « suum peculiarem patronum ». Patron du roi, patron du royaume, ce double patronage était depuis longtemps reconnu à saint Denis, dont on savait bien que le corps reposait dans l’abbatiale de Saint-Denis. Que le roi de France, malade, fasse vœu à saint Denis, et promette d’aller lui rendre grâce, une fois guéri, en son église, il n’y a rien là que d’attendu.

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