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Les intellectuelles de la Renaissance : une émergence hautement conflictuelle

Eliane Viennot

Viennot, Eliane, « Les intellectuelles de la Renaissance : une émergence hautement conflictuelle », dans N. Racine & M. Trébitsche (dir.), Intellectuelles. Du genre en histoire des intellectuels, Bruxelles, Complexe, 2004.

Extrait de l’article

D’Hypathie à Christine de Pizan, de la professeure de l’école d’Alexandrie qui commenta Platon et Aristote (v.370-415) à l’auteure de nombreux traités qui fut au coeur d’une célèbre polémique (1361-1429), y eut‐il disparition de ce type de femmes ? Non bien sûr. Nous savons qu’il y eut, à partir du VIe siècle, génération après génération, des centaines de femmes enseignant aux adultes dans les monastères de l’Ouest européen, dont la plupart des règles imposait de ne recevoir que des femmes lettrées. Nous savons que les plus savantes d’entre elles y interprétaient les textes à l’usage des autres moniales, comme Héloïse au Paraclet ; que d’autres travaillaient dans les scriptorium, chargées de décrypter de vieux manuscrits et d’en confectionner de nouveaux, comme la Franque Baudonivie, qui rédigea vers 610 une Vita de Radegonde ; que de nombreuses femmes correspondaient avec les plus grands lettrés d’Europe, voire couchaient sur le parchemin leurs réflexions, comme la Gothe (laïque) Dhuoda, la Saxonne Hroswitha, la Rhénane Hildegarde de Bingen, l’Anglo-Normande Clémence de Barking…

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