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Construire la prééminence sociale par la culture matérielle : l’exemple de la maison de Guise au XVIe siècle

Marjorie Meiss-Even

Marjorie Meiss-Even, " Construire la prééminence sociale par la culture matérielle : l’exemple de la maison de Guise au XVIe siècle ", dans Forma e segni della distinzione soziale/Marquer la prééminence sociale, Université Paris 1 (LAMOP), Université de Palerme, École Française de Rome, Palerme, septembre 2011

Extrait de l’article

L’histoire de la culture matérielle apparaît comme un champ d’étude particulièrement en phase avec les perspectives générales du programme de recherche sur les « vecteurs de l’idéel » chers à Maurice Godelier. Pourtant, l’archéologue Jean-Marie Pesez avait défini la culture matérielle en 1978 comme l’ensemble des réponses culturelles que l’homme oppose aux contraintes matérielles qui pèsent sur sa vie et en avait exclu « le domaine des représentations mentales, du droit, de la pensée religieuse et philosophique, de la langue et des arts, (…) les structures socioéconomiques, les relations sociales et les rapports de production, en somme la relation de l’homme à l’homme ». Les historiens ont cependant rapidement reconsidéré cette approche qui opposait trop strictement monde matériel et monde abstrait, en particulier Daniel Roche qui, fortement influencé par les travaux de Roger Chartier sur le « monde comme représentation », a rappelé la nécessité de replacer les relations entre l’homme et l’objet « dans des réseaux d’abstraction et de sensibilité ». La culture matérielle devient, dans cette optique, un observatoire privilégié de l’articulation des pratiques et de la pensée dans la production des rapports sociaux. L’anthropologue Mélanie Roustan a d’ailleurs proposé une définition très riche de la culture matérielle : « l’ensemble des phénomènes de co-construction des sujets, du social et de la culture dans le rapport aux objets matériels ».

Lire la suite (Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris)