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La prééminence par la distinction des apparences : le courtisan dans la France de la Renaissance

Isabelle Paresys

Isabelle Paresys, " La prééminence par la distinction des apparences : le courtisan dans la France de la Renaissance ", dans Forma e segni della distinzione soziale/Marquer la prééminence sociale, Université Paris 1 (LAMOP), Université de Palerme, École Française de Rome, Palerme, septembre 2011

Extrait de l’article

Le vêtement, ou plutôt l’habit comme on le disait à la Renaissance, est un des marqueurs matériels et visuels essentiels de la prééminence sociale. Mais avant même cela, selon ce que l’on pourrait peut-être appeler un « idéel de l’apparence » rappelé par les morales chrétiennes, l’habit est monstration de l’être. Il est le reflet de l’être, être à la foi moral et social qu’il contribue à façonner dans ses identités en terme de genre, d’âge, d’état et d’appartenance à un territoire, voire à une nation. L’habit rend donc aussi visible – par transparence en quelque sorte – l’ordre politique et social dans ses structures et hiérarchies. Porté à même le corps, il rend aussi certainement plus sensible que ne le font d’autres éléments de l’économie du goût et de la culture matérielle, l’interaction entre l’être et le paraître. Le souci de la distinction des apparences vestimentaires est donc indispensable à l’affichage des signes visibles de la prééminence des élites qui témoignent de leur rang à tenir ou de la distance à maintenir dans l’espace social. Celles-ci articulent ainsi le souci de la présentation de soi et celui de la médiation aux autres qui dessinent leur moi social.

Lire la suite (Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris)