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La poésie de cour carolingienne, les contacts entre Alcuin et Hraban Maur et les indices de l’influence d’Alcuin sur l’In honorem sanctae crucis

Michel Jean-Louis Perrin

Perrin, Michel Jean-Louis, "La poésie de cour carolingienne, les contacts entre Alcuin et Hraban Maur et les indices de l’influence d’Alcuin sur l’In honorem sanctae crucis", dans Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, 20 Septembre 2004, n° 111-3, pp. 333-351.

Extrait de l’article

Il est bien connu que Hraban a été l’élève d’Alcuin à Saint-Martin de Tours au tout début du IXe siècle, et qu’il y a parfait son éducation, notamment poétique, avant d’écrire l’In honorem sanctae crucis, c’est-à-dire un cycle de vingt-huit poèmes figurés. Alcuin a levé l’interdit lancé par Bède sur cette poésie curiale et sur Optatianus Porfyrius en particulier, le maître incontesté de ce genre, qui avait envoyé vers 325 de poèmes figurés à Constantin, le premier empereur chrétien. C’est Alcuin qui a fait connaître Porfyrius à Hraban. Une lettre d’Alcuin à Hraban de retour à Fulda évoque la composition de l’In honorem. Le poème A 2 de Hraban est intitulé Intercessio Albini pro Mauro. Alcuin lui-même (avec son élève Josephus Scottus) a envoyé à Charles un recueil de six poèmes figurés (sans doute peu avant 780), six est le numerus perfectus des unités et vingt-huit celui des dizaines. Ce pourrait être une sorte de prélude au travail demandé à Hraban. Le poème-signature A 8 qui combine l’Exode et l’anecdote édifiante de la pauvre veuve est fortement inspiré d’Alcuin seul. Enfin, les banques de données permettent de compléter cette glane par plus d’une dizaine d’expressions qui ont toute chance de remonter à Alcuin. En conclusion, Alcuin a eu une influence certaine sur le « concept » de l’In honorem, mais c’est Bède qui a donné à Hraban les textes de base de son œuvre.

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