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Le jeu au dix-huitième siècle : l’ambivalence morale des encyclopédies et des dictionnaires

Jeroom Vercruysse

Vercruysse, Jeroom, "Le jeu au dix-huitième siècle : l’ambivalence morale des encyclopédies et des dictionnaires", dans Lias, vol. 24, 1997.

Extrait de l’article

Le jeu est un des phénomènes les plus communs et partant, des plus complexes qui soient. L’animal, l’homme, sont joueurs, « ludentes » pour faire écho à la célèbre formule de Johan Huizinga. Si l’on feuillette les dictionnaires, à la recherche d’une définition, l’on doit constater que le champ sémantique du terme est fort vaste et que le plus grand dénominateur commun revêt le loisir, la gratuité, le divertissement, l’amusement, la liberté, le rêve, la fête. Déjà chez les Anciens la définition du jeu s’avère complexe, ne fut ce que par l’emploi concurrent de « iocus » et de « ludus » que Cicéron n’hésite pas à utiliser conjointement (In Verrem, i. 115 « per ludum et iocum ») pour appuyer des orientations déjà spécifiques. Les exemples d’une parfaite maîtrise du concept peuvent se compter sur une main. Consultons par exemple Jeux et sports dirigé par Roger Caillois pour l’Encyclopédie de la Pléiade (Paris 1967) : on doit reconnaître que ses 1842 pages n’offrent aucune synthèse satisfaisante mais plutôt un amalgame de 64 contributions, réunion discutable puisqu’elle établit dès le départ une nette scission entre le jeu et le sport (ce terme peut désigner le jeu en anglais...), alors qu’une différence essentielle ne peut être établie.

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