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Galerie et livre d’entrée (à propos de l’entrée de Louis XIII à Paris en 1628)

Dominique Moncond’huy

Moncond’huy D., Galerie et livre d’entrée (à propos de l’entrée de Louis XIII à Paris en 1628), Dix-septième siècle, 2001/3, N° 212, p. 441-455.

Extrait de l’article

L’entrée de Louis XIII à Paris en décembre 1628, l’une des dernières entrées
royales dans la capitale, est particulière à plus d’un titre : consécutive à la reddition
de La Rochelle, elle se présente comme une entrée pleinement héroïque ; annoncée
et préparée par de nombreuses publications, elle a donné lieu a posteriori à un ouvrage
officiel ; enfin, elle intervient dans un contexte idéologique et politique spécifique,
marqué notamment par la conscience de la nécessité, pour le pouvoir royal, de diffuser
une image parfaitement pensée, et pensée comme moderne, c’est-à-dire liée à
l’évolution de la monarchie et au type de représentation du monarque qui prévaut
alors. L’on sait par ailleurs que la galerie, l’un des lieux essentiels de la représentation
du prince, a connu une véritable mutation dès les premières années du siècle : un
nouveau modèle de galerie fut mis en oeuvre, en particulier dans la petite galerie du
Louvre, à la suite des recommandations d’Antoine de Laval. Fondé sur l’histoire et
la généalogie, ce modèle implique une suite de représentations rigoureusement
ordonnée qu’il faudra parcourir dans un ordre préétabli ; cette suite trouvera un
point d’aboutissement, qui sera à la fois comme un sommaire et l’expression d’une
essence, dans la dernière peinture (ou la première, tout dépendant du sens de la
visite).

On cherchera ici à montrer comment cette entrée parisienne et le livre qui en
découle témoignent de l’influence de ce modèle moderne de galerie.
Les Éloges et discours sur la triomphante réception du Roi en sa ville de Paris après la réduction de la Rochelle : Accompagnés des figures, tant des Arcs de Triomphe, que des autres préparatifs constituent de toute évidence un livre officiel, qu’on a pris le temps de réaliser : il paraît plusieurs mois après l’événement, orné de fort belles planches, dans un
grand format. Il fixe une lecture du cérémonial de l’entrée et constitue ainsi un
contrôle a posteriori de l’événement en même temps qu’il manifeste la volonté d’en
accroître la diffusion, du moins auprès d’un public fortuné du fait du prix vraisemblablement
élevé de l’ouvrage.

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