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Description et rhétorique politique : du récit d’entrée royale à la promenade de Versailles

Jean-Vincent Blanchard

Blanchard J.-V., "Description et rhétorique politique : du récit d’entrée royale à la promenade de Versailles", Dixseptième siècle 2001/3, N° 212, p. 477-489.

Extrait de l’article

L’ekphrasis architecturale a souvent été reléguée au rang de curiosité baroque. On
le faisait en se rappelant les vers de L’Art poétique qui évoquent, paraît-il, le palais
d’Amalasonthe dans L’Alaric, ou Rome vaincue (1654) de Georges de Scudéry :

Je saute vingt feuillets pour en trouver la fin,
Et je me sauve à peine au travers du jardin.

Pourtant de nombreux travaux ont prouvé que la description est un objet de
recherche riche en possibilités. Parmi celles-ci, c’est l’importance des ekphrasis dans
des genres liés à la propagande qui retient notre attention. Nous pensons aux descriptions
des récits d’entrées solennelles ou aux relations de pièces à machines et de
fêtes que l’on trouve chez Renaudot et chez Félibien. Nous pouvons aussi évoquer
la Manière de montrer les jardins de Versailles écrite par le roi et La Promenade de Versailles de Madeleine de Scudéry. Enfin viennent à l’esprit des représentations textuelles de
monuments dans les genres narratifs comme la grotte de Thétis dans la Psyché de La
Fontaine. Étant donné le contexte dans lequel ils s’inscrivent, ces textes permettentils
de vérifier certaines propositions d’Hélène Merlin et de Louis Marin sur la valeur
politique de la représentation ? Voilà la question à laquelle nous tenterons de
répondre...

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