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Service de l’État et identité sociale. Les Chambres des comptes princières à la fin du Moyen Âge

Guido Castelnuovo

CASTELNUOVO G., Service de l’État et identité sociale. Les Chambres des comptes princières à la fin du Moyen Âge. Revue historique 2001/2, N° 618, p. 489-510.

Extrait de l’article

À propos de deux ouvrages récents :
1. Philippe Contamine et Olivier Mattéoni (dir.), La France des principautés. Les Chambres des comptes, XIVe et XVe siècles, Actes du Colloque tenu aux Archives départementales de l’Allier, Moulins-Yzeure, avril 1995, Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1996, 310 p. (= I) ;
2. Les Chambres des comptes en France aux XIVe et XVe siècles, Textes et documents, Philippe Contamine et Olivier Mattéoni (éd.), Paris, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1998, 252 p. (= II)

« Teles besoingnes sont mout ennuieuses et sont homme melencolieus » : ainsi s’expriment, au XIVe siècle, les clercs de la Chambre des comptes royale dans l’une de leurs nombreuses doléances fustigeant la lourdeur des tâches administratives. À l’écoute de tels propos,on pourrait presque dire que les prémices d’un imaginaire collectif durable se mettent déjà en place : un travail répétitif, d’un intérêt limité, effectué par des employés sans qualités majeures, une simple routine pour d’obscurs rouages d’un État rapace, au XIVe comme au XXe siècle. Rien de plus faux en vérité, et les recherches coordonnées par Philippe Contamine et Olivier Mattéoni dans les deux ouvrages que nous nous proposons ici de mettre en perspective le montrent bien. Ces « besoingnes ennuieuses », entre comptabilité et justice, archivage documentaire et contrôle fiscal, constituent en effet l’un des principaux socles de la légitimité du gouvernement de la chose publique. En outre, ces « hommes melencolieux » participent, au premier chef, à la construction de la société politique du bas Moyen Âge, contribuant ainsi à renouveler les profils des élites territoriales, princières et royales. Enfin, vus d’aujourd’hui, ces deux volumes ne sont point « ennuieus » et leur lecture ne risque pas de transformer quiconque en « homme melencolieus », loin de là. Quels sont donc les agencements et les mérites de ce travail pluriel, quarante ans après la synthèse institutionnelle dirigée par Ferdinand Lot et Robert Fawtier ? Dès l’abord, et malgré la trentaine de contributions réunies dans les deux volumes, c’est l’unité et la cohérence de l’ensemble qui frappent et ce, de deux points de vue.

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