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6-8 juin 2013, Nice : Contourner, infléchir, subvertir les cadres de la domination dans les sociétés d’Ancien Régime (XVe-XVIIIe siècles)

Colloque international
Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine, Salle H301 Campus Carlone-98, bd Edouard Herriot- 06204 Nice Cedex 3
Organisatrice : Héloïse Hermant

Présentation

Ce colloque international s’insère dans l’axe du programme quinquennal 2012-2016 du CMMC « l’encadrement des sociétés méditerranéennes » à travers un angle inédit jusqu’à présent qui favorise une démarche comparative à l’échelle européenne. En effet, à partir de l’analyse du politique envisagé comme forme d’exercice de domination, la recherche a progressivement décalé son regard pour mettre en lumière les rapports de négociation qui s’instauraient bien souvent entre gouvernants et gouvernés, sans jamais omettre les rapports de force en faveur des premiers. La question du contournement et de la subversion offre un regard transversal qui donne toute sa place aux acteurs « ordinaires » de l’histoire et qui complète la problématique de l’articulation gouvernés /gouvernants en trouvant un moyen terme entre la domination incontestée et la négociation.

Dans l’Ancien Régime, État et société civile ne se distinguaient pas radicalement et l’exercice de domination s’apparentait à un processus de négociation permanent entre les différents corps qui composaient la société. Il apparaît dès lors pertinent d’aborder la question de l’encadrement des sociétés de l’époque moderne à partir d’une conception du pouvoir pensé comme phénomène relationnel courant dans les deux sens plutôt que comme une forme d’imposition d’une force brute se déversant du haut vers le bas. En effet, les élites qui structurent l’encadrement des sujets sont impliquées dans des jeux sociaux à géométrie variable et à diverses échelles (clientèles, réseaux de nature hétérogène etc.) qui créent des solidarités et des intérêts parfois concurrentiels de ceux dont ils sont censés être la courroie de transmission. Par ailleurs, ces élites sont loin d’être formatées sur le modèle de notre actuel « fonctionnaire d’État » dans le temps même où les moyens de contrôle du souverain sur ses agents paraissent ténus.

Plus qu’une réalité institutionnelle figée, l’encadrement des sujets apparaît donc, à l’époque moderne, davantage comme un processus où les dynamiques de structuration, de domination et de cohésion du corps social se rejouent de manière continue. Afin d’appréhender une telle dynamique sans la fossiliser, ce colloque se donne pour objectif de mettre en regard des séquences où les acteurs testent la flexibilité des structures d’encadrement de la société sans chercher à les briser, bref, des séquences où les acteurs ne franchissent pas les bornes du tolérable.

On privilégiera les cas de figure où ce type particulier de transactions imposées par le bas, réussissent, sans toutefois évacuer de notre horizon les cas où celles-ci échouent. Ce choix présente l’avantage d’écarter de l’enquête les épisodes d’opposition et de rébellion manifestes qui ont déjà abondamment nourri les travaux historiographiques des dernières années, pour aborder des aspects moins immédiatement repérables par le chercheur et moins étudiés. En suivant les méandres du cours ordinaire de la vie politique, les participants s’interrogeront d’une part, sur les ressources dont les acteurs disposent pour contourner, infléchir et subvertir les cadres de domination sans être mus par un désir de rébellion et d’autre part sur les façons dont les agents du pouvoir réagissent. On étudiera ainsi la mise à l’épreuve de l’armature sociale et sa plasticité. Ces réflexions sur les cadres des sociétés d’Ancien Régime explorent ainsi les ressorts de la cohésion du lien social et permettent de comprendre, tout en contraste, les modalités de pouvoir qui prévalent dans nos sociétés contemporaines.

Programme

Jeudi 6 juin 2013

14h30 : accueil des participants

15h : Héloïse HERMANT (Université de Nice-Sophia Antipolis-CMMC) : Introduction.

Contourner, infléchir, subvertir les cadres de la domination depuis les rouages de la monarchie

15h35 : Pierre SAVY (Université Marne-la-vallée Paris Est-ACP) : « Le feudataire, relais du prince ou petit prince ? Usurpations féodales et insolences des feudataires dans la Lombardie du XVe siècle ».

16h10 : Pause café

16h40 : José Javier RUIZ IBAÑEZ (Université de Murcie) : « (Re)définir le pouvoir souverain, se (re)définir dans le pouvoir souverain : les magistratures municipales françaises dans les villes occupées par les Espagnols (1594-1598) ».

17h15 : Héloïse HERMANT (Université de Nice-Sophia Antipolis-CMMC) : « Du pouvoir souverain en partage ? Le roi, le valido et les factions de cour dans l’Espagne du XVIIe siècle ».

17h50 : Discussion

Vendredi 7 juin 2013

Contourner, infléchir, subvertir les cadres de la domination dans l’interaction avec les agents du pouvoir

9h30 : Michael BRADDICK (Université de Sheffield) : « Face, legitimacy and partisanship in the negotiation of state power in England, 1558-1660 ».

10h05 : Claire JUDDE DE LARIVIERE (Université de Toulouse Le Mirail-FRAMESPA) : « Pragmatique du pouvoir et agents subalternes au XVIe siècle. Le cas de la communauté de Murano ».

10h40 : Discussion et pause café

Les ressources discursives et les effets de la virtuosité sur les cadres de domination

11h10 : Jérémie FOA (Université Aix-Marseille-TELEMME) : « La bataille des temples. Appliquer la loi au temps des guerres de Religion ».

11h45 : Jean-Pascal GAY (Université de Strasbourg-ARCHE) : « Genre et sexualité au risque de leur mise en doctrine : théologie moderne et comportements hétéropratiques au XVIIe siècle ».

12h20 : Pause déjeuner

14h30 : Pierre-Yves BEAUREPAIRE (Université de Nice-Sophia Antipolis-CMMC) : « Contourner l’illégalité par la légitimité sociale, l’action charitable et la neutralisation politique. L’exemple des francs-maçons européens au XVIIIe siècle ».

15h05 : Discussion

Enquêtes, contrôle et discipline : les ressources des acteurs face aux nouveaux ressorts des cadres de la domination

15h35 : Thomas GLESENER (Université Aix-Marseille-TELEMME) : « Naturaliser la noblesse. Les étrangers et les enquêtes de pureté de sang en Espagne ».

16h10 : Valérie PIETRI (Université de Nice-Sophia Antipolis-CMMC) : « Devenir noble par delà le roi et la loi : les anoblissements taisibles en Provence après les vérifications de noblesse (XVIIIe siècle) ».

16h45 : Christophe DUHAMELLE (EHESS-CRH/CARE) : « Refuser les réformes en disqualifiant le curé : l’Eichsfeld catholique (Saint-Empire) au temps des Lumières »

17h20 : Discussion.

Samedi 8 juin : Atelier

10h : Discussion générale et réflexion collective sur l’ouvrage collectif.