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La Liste Civile en France (1804-1870) - Droit, institution et administration

Damien Salles

Damien Salles, La Liste Civile en France (1804-1870) - Droit, institution et administration, Paris, Mare et Martin, 2012.

Empruntée à l’Angleterre qui l’instaura après sa révolution de 1688, l’institution de la liste civile fait l’objet d’une transposition en France par le droit intermédiaire. Le 7 octobre 1789, sa naissance consacre la disparition de l’ordre juridique ancien dans lequel les trésors du roi et de l’État demeuraient théoriquement confondus. À compter de ce jour, la liste civile se définit comme l’ensemble des dotations pécuniaire, immobilière et mobilière que la Nation, désormais souveraine, décide d’allouer à Louis XVI afin de lui permettre de subvenir à ses besoins et aux charges de la nouvelle fonction que lui confie le corps politique.
Disparue en 1792 en même temps qu’apparaît la République, elle renaît néanmoins en 1804. À compter de cette date, l’institution de la liste civile, toujours située aux marches du trône, consiste en l’outil par lequel l’État finance le fonctionnement de ses institutions monarchiques. Indubitablement et à maints égards, sa présence presque ininterrompue dans le paysage politique et juridique jusqu’en 1870 ne pouvait manquer de susciter la curiosité de l’historien des institutions.
Car le voyage dans le temps de l’histoire constitutionnelle, politique, domaniale, financière, contentieuse ou administrative de la fortune du roi ou de l’empereur au XIXe siècle permet de mettre au jour la nature d’exception, sui generis et pour le moins ambiguë de son régime juridique. Ce faisant, c’est tout un pan, jusque-là méconnu, du statut du Prince dans des institutions tentant de concilier l’héritage révolutionnaire et le constitutionnalisme avec la prérogative monarchique que ce travail révèle sous un jour inédit.

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