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Autodestination et mondanité dans les mémoires de Mme de Staal-Delaunay

Marc Hersant

Hersant, Marc, « Autodestination et mondanité dans les mémoires de Mme de Staal-Delaunay », Dix-huitième siècle 1/2007 (no 39), p. 555-576.

Extrait de l’article

Il est légèrement agaçant de devoir toujours « présenter » les Mémoires de Mme de Staal-Delaunay. Cette œuvre, que Sainte-Beuve n’hésitait pas à égaler à celle de La Bruyère, et qui est une des plus profondément attachantes du début du XVIIIe siècle français, est restée, ou plutôt redevenue, confidentielle, au point que tout article qui lui est consacré doit « rappeler » de quoi et de qui il est question, comme si on venait de la découvrir dans un vieux tiroir. Le destin de l’œuvre est donc, en forçant un peu le tableau, assez à l’image de ses premiers mots : « Je ne me flatte pas que les événements de ma vie méritent jamais l’attention de personne [...] ». La femme, Saint-Simon, son contemporain, l’a à peine remarquée ; il faut dire qu’il ne fréquentait pas assidûment les parages de la « diabolique » duchesse du Maine, une des figures les plus systématiquement noircies de ses Mémoires. Il en parle sans la nommer au moment des arrestations qui suivirent la conspiration de Cellamare : parmi ceux qui sont alors menés à la Bastille figure « une principale femme de chambre, favorite confidente et sur le pied de bel esprit ». C’est elle. Elle était pourtant fort connue pour son savoir et son esprit et pouvait passer pour une quintessence de la culture de Sceaux.

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