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La pratique épistolaire de la noblesse française au temps des guerres d’Italie 

Sara Fourcade

Fourcade, Sara, « La pratique épistolaire de la noblesse française au temps des guerres d’Italie », Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, 13 | 2006, 133-150.

Extrait de l’article

Les études éclairant la literacy des nobles français, principalement consacrées à leurs bibliothèques et, dans une moindre mesure, à leur production littéraire, ont établi que nombre d’entre eux utilisaient l’écrit selon des modalités variées. Mais les correspondances privées, témoignages de choix sur leur degré d’imprégnation par la culture écrite, sont restées largement ignorées.

Leur caractère intime et immédiat a été préjudiciable à leur conservation, à la différence des recueils épistolaires destinés à une diffusion publique – depuis les artes dictaminis du XIIe siècle jusqu’aux correspondances humanistes de la fin de la période dont la noblesse n’est d’ailleurs pas absente2 – et d’autres sources familiales – terriers, reconnaissances de dettes, livres de raison – cruciales pour la condition, les possessions et la mémoire du lignage. Les quelques beaux fonds concernant la noblesse occidentale3, et notamment française4, sauvés par leur intégration à des chartriers, ou par un heureux hasard, ont été perçus davantage comme des outils permettant d’approcher des réalités politiques ou économiques que comme l’illustration d’habitudes, voire de compétences, lettrées.

C’est dans cette dernière optique qu’a été analysé un ensemble de 44 lettres, composées par 19 nobles laïques entre 1495 et 1525, et extraites de diverses correspondances : celle de la famille d’Aumont5, un recueil de missives d’hommes d’armes français présents à Naples en 14956, une lettre d’Adam de Ravenel7 et une autre de Louise de Coëtivy8.

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