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Benvenuto Cellini et la cour de France (1540-1545)

Bertrand Jestaz

Jestaz, Bertrand, "Benvenuto Cellini et la cour de France (1540-1545)", dans Bibliothèque de l’école des chartes, 2003, tome 161, livraison 1, p, 71-132,

Extrait de l’article

Dans la vie agitée de Cellini, son séjour à la cour de France, de 1540 à 1545, présente une importance essentielle, car il lui donna l’occasion non seulement de produire son chef-d’œuvre dans le domaine de l’orfèvrerie, la salière de François Ier (Vienne, Kunstkammer), mais encore d’aborder l’art de la sculpture auquel il aspirait depuis longtemps. La relation qu’il en a donnée dans ses mémoires, haute en couleurs, orgueilleuse et passionnée à l’égal du reste, a toujours fasciné ses lecteurs. Le personnage peut aussi indisposer, par sa vantardise, ses prétentions, ses excès de toutes sortes, sa violence même (qui n’était pas seulement de langage, puisqu’il s’était déjà rendu coupable d’au moins trois meurtres en Italie). Le grand historien de l’art de la Renaissance en France, Louis Dimier, en avait conçu de l’agacement et même un mépris pour l’homme, taxé de mensonge et de vol, qui s’était reporté abusivement sur le créateur : « artiste avide et vain, dont les vanteries imprimées ont étrangement surfait la figure, orfèvre habile, écrivain prestigieux, tête renversée (...). Les Mémoires ont mis en cours sur les événements qu’ils racontent des idées fausses et parfois ridicules ». Les plus graves preuves qu’il avait réunies contre lui, toutefois, se sont effondrées : la présentation du Jupiter d’argent à Fontainebleau, qu’il dénonçait comme impossible, se trouva bientôt confirmée par la relation de l’ambassadeur de Ferrare publiée en Italie par Venturi, qu’il eut l’honnêteté de faire connaître aussitôt en France ; le détournement de 180 marcs d’argent dont il l’accusait tenait seulement à une lacune de l’édition des Comptes des Bâtiments par le comte de Laborde, comme l’a expliqué Catherine Grodecki.

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