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30 juin 2014, Rouen : La Renaissance à Rouen : l’essor artistique et culturel dans la Normandie des décennies 1480-1530

CÉRÉdI, Université de Rouen, 18 et 19 juin 2015

L’année 1515 est traditionnellement retenue pour symboliser l’essor de la Renaissance en France et marquer une rupture entre le règne de François Ier, « roi-chevalier » victorieux à Marignan, prince bâtisseur et protecteur des Arts et des Lettres, et celui de Louis XII rejeté dans le Moyen Âge. Qu’en fut-il à Rouen, l’une des principales villes du royaume de France avec Paris et Lyon ?

Dans cette ville riche d’une imprimerie active depuis 1485, qui organise un concours de poésie palinodique réputé depuis 14861 et a bénéficié de l’influence de la Renaissance italienne sous l’impulsion du cardinal Georges Ier d’Amboise dans les domaines de l’architecture (château de Gaillon, archevêché de Rouen, château de Vigny), de la peinture (on pense notamment aux œuvres d’Andrea Solario), de la sculpture et de l’enluminure4 dès la première décennie du XVIe siècle, quelles ruptures et quelles continuités observe-t-on durant les débuts du règne de François Ier ?

Il sera utile pour répondre à cette question de prolonger les recherches sur la poésie palinodique à Rouen, qui ont contribué à la réévaluation de la production des Grands Rhétoriqueurs. Il faudra ainsi retracer le parcours d’auteurs importants, comme le rhétoricien Pierre Fabri, plus connu pour son Grant et vray art de pleine rhétorique publié à Rouen en 1521 que pour Le Defensore de la conception (1514), ou Jacques Le Lieur, notable, mécène et poète palinodique, plusieurs fois élu prince du Puy et auteur du célèbre Livre des Fontaines (1525), témoignage historique, architectural, technique et esthétique unique sur une ville de la Renaissance. La production littéraire autour du Puy d’auteurs moins renommés, notamment la poésie palinodique néo-latine, mérite elle aussi de plus amples investigations. L’édition rouennaise, encore peu étudiée pour ce qui concerne les premières décennies du XVIe siècle, nécessite une attention toute particulière, afin de dégager ses spécificités techniques, ses domaines de prédilection et le rôle qu’elle a joué dans la pénétration de l’italianisme en Normandie : on pense notamment aux imprimeurs Pierre Regnault, Pierre Olivier ou Laurent Hostingue qui diffusent l’humanisme italien à Rouen, parfois en collaboration avec des imprimeurs-libraires de Paris et de Caen.

Les milieux poétiques rouennais et les réseaux qui s’y sont formés au début de la Renaissance ne sauraient être pleinement mis en lumière sans une étude du rôle joué par les archevêques de Rouen, Georges Ier d’Amboise mais aussi Georges II d’Amboise (1488-1550), resté jusqu’à présent dans l’ombre de son oncle, le cardinal-ministre de Louis XII, auquel il succède dans sa charge et dont il poursuit l’activité de mécénat, inaugurée auprès des humanistes italiens et français de Pavie dans les années 1500, parmi lesquels plusieurs poètes néo-latins, comme le Vénitien Bernardino Dardano et les Français Germain de Brie et Antoine Forestier, membres du cénacle qui s’est formé autour de lui et de son cousin Louis d’Amboise. Le rôle des Amboise ne se cantonne pas, on le sait, à la protection des poètes, et il sera utile d’éclairer les parcours et les relations qu’entretiennent les artistes de différentes disciplines, comme le miniaturiste Geoffroy Dumoustier, qui passe du service de Georges II d’Amboise à Gaillon à celui de François Ier à Fontainebleau, ou encore le sculpteur Roulland le Roux qui réalise le tombeau des cardinaux d’Amboise. Enfin, l’analyse de l’entrée royale de François Ier dans la ville en 1517, où apparaît une statue équestre sur le modèle italien, permettra de souligner le renouvellement des motifs traditionnels par rapport aux entrées de Charles VIII (1485) et de Louis XII (1508) dans la ville ; elle pourra aussi être utilement mise en regard des entrées du roi à Rouen et à Caen en 1532.

Le colloque, pluridisciplinaire, se propose ainsi d’accueillir des études sur la littérature française et néo-latine et sur le livre manuscrit et imprimé, tout en s’ouvrant aux recherches sur d’autres domaines artistiques (peinture, enluminure, architecture, sculpture...) et sur les entrées solennelles, pour mettre en évidence les spécificités de l’essor culturel qu’a connu Rouen dans les années 1480-1530.

Le CÉRÉdI, équipe organisatrice, espère faire dialoguer fructueusement spécialistes de la littérature, historiens, historiens du livre et historiens de l’art dans ce colloque qui sera complété par des conférences destinées au public. Les propositions de communication et/ou de conférence, comprenant un résumé d’une longueur d’environ 300 mots, une bibliographie succincte et une notice précisant l’appartenance institutionnelle et les domaines de recherche, seront adressées à l’équipe organisatrice avant le 30 juin 2014. Les contributeurs retenus seront informés avant le 15 juillet.

Organisation :
Sandra Provini, Maître de conférences en littérature française du XVIe siècle
Xavier Bonnier, Maître de conférences en littérature française du XVIe siècle
Gérard Milhe Poutingon, Professeur en langue et stylistique françaises des XVIe et XVIIe siècles

Contacts :
xavier.bonnier[at]univ-rouen.fr, gerard.milhepoutingon[at]univ-rouen.fr,
sandra.provini[at]univ-rouen.fr (remplacer [at] par @)