Accueil / Art et culture / Littérature et philosophie / Etudes modernes / L’espace dans la Diana de Montemayor

L’espace dans la Diana de Montemayor

François Géai

Géai, François, "L’espace dans la Diana de Montemayor", dans Seizième Siècle, n° 7, 2011, p. 261-295.

Extrait de l’article

Au quasi monothématisme du roman pastoral-l’amour ou plutôt son envers, le désamour, thème central et dénominateur commun de la quasi-totalité des situations -correspond un cadre naturel qui relève d’’une longue tradition. Ernst Robert Curtius, dans un célèbre chapitre de son best-seller intitulé « Le paysage idéal », écrit ceci : « Que faut-il pour cela ? D’abord de l’ombre - essentielle pour le méridional ! -donc un arbre ou un groupe d’arbres, puis une source jaillissante ou un ruisseau pour se rafraîchir, un tapis d’herbe pour s’asseoir ! ».
Si Théocrite est le père du genre bucolique, ajoute-t-il, c’est Virgile qui fixa ce paysage idéal dans la tradition occidentale à travers le qualificatif récurrent amoenus (dont le sens premier semble avoir été « destiné au plaisir, dépourvu de fonction utilitaire »). Il établit ce lieu non pas en Sicile, comme son prédécesseur, mais au centre du Péloponèse, en Arcadie, une région désertique inconnue de lui. Et Curtius de conclure : « Jusqu’ici, on ne lui a pas reconnu [au locus amoenus] une existence propre, dans le domaine de la poétique et de la rhétorique. Et cependant, depuis l’époque impériale jusqu’au XVIe siècle, il est le thème principal de toute description de la nature ».

Lire la suite (Persée)