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Du retour aux sources à la nostalgie du bon vieux temps : Sully dans les arts, de Louis XVI à Louis-Philippe

Laurent Avezou

Avezou, Laurent, "Du retour aux sources à la nostalgie du bon vieux temps : Sully dans les arts de Louis XVI à Louis-Philippe", dans Bibliothèque de l’école des chartes, 2005, tome 163, p, 51-78,

Extrait de l’article

C’est un trait commun aux mentalités d’Ancien Régime que le travestissement de l’aspiration d’avenir sous les oripeaux du passé. Il est loisible d’y rattacher l’émergence en France, au milieu du XVIIIe siècle, dans le genre oratoire tout d’abord, dans les domaines philosophique, historiographique et iconographique ensuite, d’un discours programmatique sur les grands hommes, désormais soigneusement distingués des héros. Il explique, entre autres, la fortune tardive d’une figure comme Sully, redécouvert en 1745 à la faveur d’une édition expurgée de ses Mémoires, érigé par les physiocrates en précurseur fictif de leur système, sanctifié en 1763 par un éloge académique d’Antoine Léonard Thomas et, dès lors, constamment sollicité, à la scène comme à la ville, jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, comme parangon du bon ministre, pour enjoindre le régime monarchique de revenir à une conception familière et tempérée du pouvoir, aussi hautement réclamée qu’imprécisément définie, mais dont Sully, dans la relation faite d’estime et de franchise réciproques qui le lie à son maître Henri IV, semble incarner le type idéal.

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