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Largesse, don, échange dans Gargantua

Daniel Ménager

Ménager, Daniel, "Largesse, don, échange dans Gargantua", dans Seizième Siècle, n° 7, 2011, p. 127-137.

Extrait de l’article

Le célèbre prologue de l’œuvre nous annonce, entre autres choses, des « mysteres horrifiques, tant en ce que concerne nostre religion, que aussi l’estat politicq et vie œconomique » . Quand Rabelais emploie l’adjectif « horrifique » , on sait qu’il plaisante et qu’il se paie notre tête. Est-ce à dire qu’il faut négliger cette déclaration ? Je ne le pense pas. A condition que nous cherchions les « mystères » en question non dans ce qui est caché, mais dans la lettre du texte, scrutée attentivement. Il me semble en particulier que nous devons prêter une attention particulière à tout ce qui relève d’une pensée économique. Non certes la pensée d’un théoricien (Rabelais ne possède vraiment qu’une seule science : la médecine), mais tout ce que peuvent recouvrir les trois mots de mon titre (qui a un peu changé depuis la confection du tract) : largesse, don, échange. En relisant Gargantua, j’ai été frappé par le nombre de discours, de micro-récits, de petites séquences que l’on peut envisager sous cet angle. Il m’a même semblé que nous tenions là un fil conducteur pour la lecture du texte. Or, c’est de cela que vous avez besoin avant tout. Du texte, encore du texte, toujours du texte !

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