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Versailles et Philadelphie : Benjamin Franklin et André Michaux

James E. McClellan III

McClellan III, James E. « Versailles et Philadelphie : Benjamin Franklin et André Michaux », dans Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles, 2011

Résumé

On ne peut véritablement parler de « politique scientifique », ni pour les colonies anglaises de l’Amérique, ni pour la nouvelle nation américaine indépendante de la fin du XVIIIe siècle. Néanmoins, pour la cour de Versailles et pour la politique scientifique française de l’époque – la plus développée du moment – cette région fut d’une grande importance.
Dans cette intervention, l’exemple bien connu de Benjamin Franklin ne sera que brièvement évoqué, en tant que scientifique et homme politique, pour les liens qu’il sut tisser entre Versailles et Philadelphie. Le cas moins bien connu, mais plus révélateur, d’André Michaux (1746-1802), botaniste du roi envoyé aux États-Unis en 1785 et chargé de renvoyer en France les semis d’arbres américains, retiendra en revanche davantage notre attention.
Pour comprendre la mission d’André Michaux pendant son séjour sur le sol américain jusqu’en 1796, il faut le situer dans le contexte de ce que François Regourd et moi-même avons nommé la machine coloniale, cette nébuleuse institutionnelle scientifique, technique et administrative, dévouée à l’expansion coloniale française. Cette machine intégrait toute une gamme d’institutions à son fonctionnement, y compris, dans le cas d’André Michaux, la Maison et les Bâtiments du roi à Versailles, les jardins du Trianon, le Jardin du roi à Paris, et le Jardin royal d’acclimatation à Rambouillet. Les deux jardins fondés par Michaux dans le New Jersey et en Caroline du Sud firent également partie, à leur manière, de cette machine coloniale et de la politique scientifique de la monarchie française.

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